Les Animaux Malades de la Peste - Analyse de la deuxième partie
Le blâme de la Cour à travers les discours des animaux
Dans cette partie de la fable (à partir du vers 36), La Fontaine expose brillamment les mécanismes de l'injustice sociale à travers plusieurs interventions d'animaux.
Le discours du Renard
Le Renard, symbole du courtisan flatteur, s'adresse au Lion-Roi avec hypocrisie :
- Il utilise des hyperboles comme "trop bon Roi" et "trop de délicatesse" pour flatter le monarque
- Il dévalorise les victimes du Lion en qualifiant les moutons de "canaille" et "sotte espèce"
- Il transforme le crime du roi en honneur : "En les croquant beaucoup d'honneur"
- Il exprime son mépris pour le Berger qui représente le peuple
Concept clé : La flatterie courtisane est illustrée par le vers "Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir" qui montre comment les courtisans s'empressent d'approuver sans réfléchir.
L'intervention de La Fontaine
Le fabuliste interrompt le récit pour condamner l'attitude des nobles :
- Il évoque "les moins pardonnables offenses" (litote désignant les crimes les plus graves)
- Les courtisans ("gens querelleurs") sont ironiquement décrits comme "petits saints"
- La narration souligne l'hypocrisie collective de la Cour
Le discours de l'Âne et sa condamnation
L'Âne, représentant du peuple, avoue honnêtement sa faute mineure :
- Il reconnaît avoir mangé "la largeur de [sa] langue" d'herbe dans un pré de moines
- Son discours est sincère : "Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net"
- Sa punition est disproportionnée : "Rien que la mort n'était capable d'expier son forfait"
Leçon morale : La morale explicite dénonce l'inégalité devant la justice : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."
Cette fable, appartenant au genre littéraire de l'apologue, permet à La Fontaine de critiquer les injustices de son époque tout en se protégeant derrière le masque des animaux.



