Gnathon, portrait satirique de l'égoïsme absolu
Jean de La Bruyère , issu d'une famille roturière, se consacre à l'étude des comportements humains dans son œuvre "Les Caractères", publiée entre 1688 et 1696. Le chapitre "De l'Homme" contient le portrait de Gnathon, véritable allégorie de l'égocentrisme.
Ce texte s'organise en plusieurs parties distinctes :
- Présentation générale du personnage (lignes 1-2)
- La scène du repas : démonstration de son égocentrisme (lignes 2-11)
- L'extension de ses méfaits dans l'espace public (lignes 11-15)
- L'abus des services d'autrui (lignes 15-16)
- La conclusion révélant sa dimension monstrueuse (lignes 16-20)
Dans les premières lignes, La Bruyère introduit immédiatement le caractère égocentrique de Gnathon :
- Le nom "Gnathon" évoque phonétiquement le "glouton"
- La formule "Gnathon ne vit que pour soi" établit d'emblée la restriction
- La répétition du pronom "il" met en évidence son narcissisme
- La phrase "comme s'ils n'étaient point" souligne la négation complète d'autrui
Concept clé : L'hybris dans ce texte représente la démesure et l'orgueil excessif de Gnathon, qui le pousse à ignorer les autres et à satisfaire uniquement ses propres désirs sans considération pour autrui.
La scène du repas dépeint un comportement bestial et répugnant :
- Répétition du mot "tout" pour illustrer sa voracité
- Utilisation de deux chaises pour lui seul
- Façons de manger grossières ("il ne se sert qu'avec les mains")
- Comparaisons animalisantes ("râtelier")
- Éléments visuels et sonores dégoûtants ("le jus et les sauces lui dégouttent du menton", "mange avec un grand bruit")
Le texte provoque délibérément du dégoût chez le lecteur à travers un registre hyperbolique et des descriptions très visuelles.




































