La prise de conscience de Ruy Blas
Dans cette scène capitale de l'acte III, Ruy Blas prend brutalement conscience du piège dans lequel Don Salluste l'a enfermé. Sa réaction est marquée par une expression hyperbolique de sa terreur et de son désespoir.
- Il utilise un langage chargé d'émotion : "je suis dans une main terrible", "monstrueux", "horrible"
- Il exprime un aveu désespéré : "Cette femme, je l'aime!" dans l'espoir de dissuader son maître
- Face à cette révélation, Don Salluste affiche une froideur calculatrice avec des phrases courtes comme "Mais si. Je le savais. Qu'est-ce que cela fait?"
La découverte du stratagème provoque chez Ruy Blas un choc physique, souligné par la didascalie "(s'appuyant au mur pour ne pas tomber)". Sa souffrance morale est intense, qualifiant son expérience d'"affreuse aventure" et de "torture".
Concept clé : Ruy Blas incarne l'archétype du héros romantique torturé par ses sentiments et sa condition sociale, contrastant violemment avec Don Salluste, personnage froid et calculateur. Cette opposition est au cœur de l'analyse linéaire de Ruy Blas, acte 3 scène 5.
Dans un geste de désespoir ultime, Ruy Blas se tourne vers Dieu : "Seigneur Dieu tout-puissant [...] Mon Dieu qui m'éprouvez, épargnez-moi, Seigneur". Cette supplique pathétique révèle qu'il perçoit sa situation comme une épreuve divine insurmontable.




