Analyse des émotions et de la chute finale
Le "Moi" du poète est mis en valeur au début du vers 6 avec "je buvais", une métaphore qui montre comment il s'imprègne de cette vision. Son état émotionnel est exprimé par "crispé comme un extravagant", traduisant à la fois une sensation physique et un sentiment d'étrangeté.
Le regard de la femme est comparé à un "ciel livide où germe l'ouragan" - une image puissante qui associe la maladie ("livide") à une force naturelle intense. Au vers 8 apparaît l'antithèse du "plaisir qui tue", parfaite illustration du spleen baudelairien où le bien n'égale pas le mal.
La fin du poème accentue le caractère éphémère de cette rencontre avec "un éclair... puis la nuit!" et "Fugitive beauté". Le regard de la passante fait "soudainement renaître" le poète, suggérant qu'il était auparavant dans un état de mort symbolique. La question rhétorique "Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?" exprime tout le pathétique de cette situation.
Le dernier vers "Ô toi que j'eusse aimé, ô toi qui le savais!" utilise le subjonctif imparfait pour exprimer un regret poignant - un amour qui n'aura jamais lieu. Cette introduction à la douleur de l'amour impossible résume parfaitement le résumé de ce texte baudelairien: une beauté fugace qui laisse le poète dans une souffrance éternelle.
💡 Dans ce sonnet, tu peux voir comment Baudelaire transforme une simple rencontre de rue en une expérience presque mystique, montrant que la poésie peut naître des instants les plus ordinaires de la vie urbaine.