L'incipit onirique d'un voyage poétique
L'incipit de "La Prose du Transsibérien" nous plonge immédiatement dans une atmosphère entre rêve et réalité. Cendrars commence par "en ce temps-là", formule de conte qui installe un écart entre le présent d'écriture et ses souvenirs d'adolescent de 16 ans. Cette référence à l'âge n'est pas anodine : elle fait écho à Rimbaud qui commença aussi à écrire à cet âge.
Le poète construit son identité à travers l'anaphore "j'étais" qui affirme sa présence tout en se situant à "16 mille lieues" de son lieu de naissance - une hyperbole rappelant Jules Verne. Moscou devient un lieu fantasmé, décrit par des périphrases comme "la ville des mille et trois clochers et des sept gares". Ces images traduisent l'état transitoire de l'adolescence.
Le feu et la passion traversent ce passage avec un champ lexical ardent : "brûlait", "soleil". Son cœur est comparé à "la place rouge" ou au "temple d'Éphèse", créant un anachronisme caractéristique de l'écriture de Cendrars. Ces décalages temporels participent à brouiller les frontières entre réel et imaginaire.
💡 Pour votre oral du bac, notez comment Cendrars utilise des vers irréguliers qui imitent le rythme chaotique du train, renforçant l'idée d'un voyage à la fois physique et poétique.

































