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l’enfant du siècle : Alfred de Musset

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Le XIXème siècle est marqué par une période de guerres et de doutes. L'élément déclencheur fut la Révolution française de 1789. Puis,
Napolé
Le XIXème siècle est marqué par une période de guerres et de doutes. L'élément déclencheur fut la Révolution française de 1789. Puis,
Napolé

Le XIXème siècle est marqué par une période de guerres et de doutes. L'élément déclencheur fut la Révolution française de 1789. Puis, Napoléon régna en empereurs de 1801 à 1814. Enfin, la Restauration, qui marqua le rétablissement des Bourbons (Louis XVIII, puis Charles X) sur le trône de France, dura de 1814 à 1830. Néanmoins, c'est une époque médiocre et vide pour tout un chacun car les guerres et changements de gouvernance s'enchainent. Alfred de Musset, écrivain romantique, écrit La Confession d'un enfant du siècle en 1836 après sa rupture définitive avec George Sand. Son œuvre est une fiction autobiographique. Le roman se compose de cinq parties. La première partie raconte cette désillusion et l'oisiveté d'une jeunesse sans idéaux. L'extrait que je m'apprête à lire en ouvre le troisième chapitre. Octave raconte son désespoir quand il s'aperçoit que sa maîtresse le trompe. Il boit et se lamente. Le roman est la quête sentimentale d'un individu dont le mal-être s'explique par le contexte historique. Amant inconstant, homme pétri de contradictions, Musset rejette le romantisme qu'il qualifie de « littérature cadavéreuse et infecte » mais son œuvre est l'expression de toute la génération romantique. I. Un monde de fêtes et de divertissements - La première phrase annonce un pacte de lecture ambigu. Elle crée le...

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Louis B., utilisateur iOS

J'aime tellement cette application [...] Je recommande Knowunity à tout le monde ! !! Je suis passé de 11 à 16 grâce à elle :D

Stefan S., utilisateur iOS

L'application est très simple à utiliser et bien faite. Jusqu'à présent, j'ai trouvé tout ce que je cherchais :D

Lola, utilisatrice iOS

J'adore cette application ❤️ Je l'utilise presque tout le temps pour réviser.

Légende alternative :

suspens par le caractère fondamental de la scène dans son expérience individuelle. L'aspect pénible du récit est confirmé par l'analogie à la « maladie », métaphore négative qui illustre l'état dépressif né de l'anecdote. - Le récit s'ouvre sur une pause descriptive : un cadre festif. C'est un divertissement placé sous le signe de l'idéal. Cela suggère la sociabilité du héros, qu'il fait partie d'une élite, qu'il s'amuse. Le déguisement annonce symboliquement que la vie est un grand jeu de dupes. Et la dupe, ce sera le héros. La narration met ainsi en garde le lecteur vigilant. - L'admiration du personnage se lit dans la multiplication des indicateurs de spatialisation. On relève un sentiment d'étourdissement qui est implicitement pour le personnage l'expression de bonheur. - Le luxe et la richesse exacerbent les sensations. Ils dominent la description : hyperboles, adjectifs superlatifs, etc. Les cinq sens sont concernés, comme pour ramener le lecteur vers le sentiment de réalité. Le personnage est ainsi peint dans l'exaltation et l'attente du désir tactile. - Il y a une mise en valeur du sentiment amoureux : la description retarde l'apparition de l'élément principal: la femme aimée. Elle n'a pas de nom : << ma maîtresse ». Elle est désignée par son statut pour le personnage: possessif et sentimental. II. Du cadre festif extérieur vers la description d'un trouble intime - Après un début in medias res, la carte d'identité vient enrichir la connaissance du personnage. On passe d'une description extérieure à intime. Age, physique, caractère. La description se clôt sur le désir d'idéal : « avec toutes les espérances et un cœur débordant ». - Il y a une sorte d'idéalisation de la scène, un sentiment d'irréalité. L'alcool devient souffle vital: l'ivresse une au trouble. Les contours de la réalité s'estompent. Le regard, en focalisation interne, ne donne plus au lecteur une vision nette de la scène. - Ce texte est le cadre d'une expérience commune qui se détache de l'intimité du personnage. On est dans le registre du réalisme. Il évoque ce vertigineux sentiment de l'ivrogne qui se croit en capacité d'aimer la terre entière. Toutefois, il souligne son incapacité à reconnaître qu'on se moque de lui. Un sentiment de vénération envers la femme s'installe: deux phrases s'ouvrent sur la totalité de la scène et se ferment sur la femme. Le paragraphe se clôt sur le sentiment d'autosatisfaction personnelle dans le possessif : « ma maîtresse », « m'avait donné rendez- vous »>, << et je portais lentement mon verre à mes lèvres ». L'opposition entre le cadre et le ressenti annonce le désenchantement. III. L'intrusion du réel fait basculer le cours du récit - On commence avec une rupture de la situation initiale idéalisée. Intrusion du passé simple. Il y a un récit de l'événement perturbateur qui vient rompre le cadre posé. C'est la fin de l'idéalisation du cadre : on a une impression de mouvements flous, ralentis, maladroits... On rappelle l'ivresse de manière très concrète (à quatre pattes) et non plus dans des vapeurs enchantées. - L'accumulation des détails retarde la découverte et crée le suspens. Le ton du narrateur évolue entre désespoir et autodérision cruelle. Le regard incrédule du personnage ne parvient pas à comprendre et il accumule les indicateurs de position comme s'ils étaient vides de sens. Le lecteur s'amuse avec cruauté de sa naïveté. Ses actions sont à l'opposé des valeurs héroïques du style romanesque. - Il y a une dénonciation de l'hypocrisie des êtres. La soirée se situe après un jeu de masques et le personnage lève le voile. Le but est la révélation; c'est ce qui justifie la place de l'extrait en début de récit et lui donne le ton. La répétition des négations révèle la perfection des apparences et l'impossibilité de connaître l'autre. Le flirt de l'amant avec une autre femme (1.20) suggère que cette hypocrisie peut se perpétuer à l'infini et que la confiance entre les êtres est impossible. CONCLUSION - Finalement, nous avons observé comment on bascule de l'idéal à la réalité pour plonger le personnage dans un désespoir profond. Le roman du XIXe siècle n'a plus vocation à la fiction : il se rapproche de la réalité. - L'écriture de Musset reste plus intime que celle de Stendhal : l'analyse et l'introspection de l'individu priment. C'est en cela que cette oeuvre est plus romantique, tandis que Le Rouge et le Noir est plus réaliste. Cependant, Octave et Julien Sorel ont de solides liens de parenté : description de leurs sensations et déception du monde dans lequel ils évoluent. Tous deux sont amoureux mais méconnaissent leurs sentiments et sont contradictoires. Tous deux cherchent à justifier leurs actes, alors qu'eux-mêmes ne se comprennent pas. Ils sont, en quelque sorte, un miroir tendu au lecteur.

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Ichai Bendayan

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Le XIXème siècle est marqué par une période de guerres et de doutes. L'élément déclencheur fut la Révolution française de 1789. Puis,
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l’enfant du siècle : Alfred de Musset

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Fiche de révision

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bac français sur le roman

Le XIXème siècle est marqué par une période de guerres et de doutes. L'élément déclencheur fut la Révolution française de 1789. Puis, Napoléon régna en empereurs de 1801 à 1814. Enfin, la Restauration, qui marqua le rétablissement des Bourbons (Louis XVIII, puis Charles X) sur le trône de France, dura de 1814 à 1830. Néanmoins, c'est une époque médiocre et vide pour tout un chacun car les guerres et changements de gouvernance s'enchainent. Alfred de Musset, écrivain romantique, écrit La Confession d'un enfant du siècle en 1836 après sa rupture définitive avec George Sand. Son œuvre est une fiction autobiographique. Le roman se compose de cinq parties. La première partie raconte cette désillusion et l'oisiveté d'une jeunesse sans idéaux. L'extrait que je m'apprête à lire en ouvre le troisième chapitre. Octave raconte son désespoir quand il s'aperçoit que sa maîtresse le trompe. Il boit et se lamente. Le roman est la quête sentimentale d'un individu dont le mal-être s'explique par le contexte historique. Amant inconstant, homme pétri de contradictions, Musset rejette le romantisme qu'il qualifie de « littérature cadavéreuse et infecte » mais son œuvre est l'expression de toute la génération romantique. I. Un monde de fêtes et de divertissements - La première phrase annonce un pacte de lecture ambigu. Elle crée le...

Le XIXème siècle est marqué par une période de guerres et de doutes. L'élément déclencheur fut la Révolution française de 1789. Puis, Napoléon régna en empereurs de 1801 à 1814. Enfin, la Restauration, qui marqua le rétablissement des Bourbons (Louis XVIII, puis Charles X) sur le trône de France, dura de 1814 à 1830. Néanmoins, c'est une époque médiocre et vide pour tout un chacun car les guerres et changements de gouvernance s'enchainent. Alfred de Musset, écrivain romantique, écrit La Confession d'un enfant du siècle en 1836 après sa rupture définitive avec George Sand. Son œuvre est une fiction autobiographique. Le roman se compose de cinq parties. La première partie raconte cette désillusion et l'oisiveté d'une jeunesse sans idéaux. L'extrait que je m'apprête à lire en ouvre le troisième chapitre. Octave raconte son désespoir quand il s'aperçoit que sa maîtresse le trompe. Il boit et se lamente. Le roman est la quête sentimentale d'un individu dont le mal-être s'explique par le contexte historique. Amant inconstant, homme pétri de contradictions, Musset rejette le romantisme qu'il qualifie de « littérature cadavéreuse et infecte » mais son œuvre est l'expression de toute la génération romantique. I. Un monde de fêtes et de divertissements - La première phrase annonce un pacte de lecture ambigu. Elle crée le...

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J'aime tellement cette application [...] Je recommande Knowunity à tout le monde ! !! Je suis passé de 11 à 16 grâce à elle :D

Stefan S., utilisateur iOS

L'application est très simple à utiliser et bien faite. Jusqu'à présent, j'ai trouvé tout ce que je cherchais :D

Lola, utilisatrice iOS

J'adore cette application ❤️ Je l'utilise presque tout le temps pour réviser.

Légende alternative :

suspens par le caractère fondamental de la scène dans son expérience individuelle. L'aspect pénible du récit est confirmé par l'analogie à la « maladie », métaphore négative qui illustre l'état dépressif né de l'anecdote. - Le récit s'ouvre sur une pause descriptive : un cadre festif. C'est un divertissement placé sous le signe de l'idéal. Cela suggère la sociabilité du héros, qu'il fait partie d'une élite, qu'il s'amuse. Le déguisement annonce symboliquement que la vie est un grand jeu de dupes. Et la dupe, ce sera le héros. La narration met ainsi en garde le lecteur vigilant. - L'admiration du personnage se lit dans la multiplication des indicateurs de spatialisation. On relève un sentiment d'étourdissement qui est implicitement pour le personnage l'expression de bonheur. - Le luxe et la richesse exacerbent les sensations. Ils dominent la description : hyperboles, adjectifs superlatifs, etc. Les cinq sens sont concernés, comme pour ramener le lecteur vers le sentiment de réalité. Le personnage est ainsi peint dans l'exaltation et l'attente du désir tactile. - Il y a une mise en valeur du sentiment amoureux : la description retarde l'apparition de l'élément principal: la femme aimée. Elle n'a pas de nom : << ma maîtresse ». Elle est désignée par son statut pour le personnage: possessif et sentimental. II. Du cadre festif extérieur vers la description d'un trouble intime - Après un début in medias res, la carte d'identité vient enrichir la connaissance du personnage. On passe d'une description extérieure à intime. Age, physique, caractère. La description se clôt sur le désir d'idéal : « avec toutes les espérances et un cœur débordant ». - Il y a une sorte d'idéalisation de la scène, un sentiment d'irréalité. L'alcool devient souffle vital: l'ivresse une au trouble. Les contours de la réalité s'estompent. Le regard, en focalisation interne, ne donne plus au lecteur une vision nette de la scène. - Ce texte est le cadre d'une expérience commune qui se détache de l'intimité du personnage. On est dans le registre du réalisme. Il évoque ce vertigineux sentiment de l'ivrogne qui se croit en capacité d'aimer la terre entière. Toutefois, il souligne son incapacité à reconnaître qu'on se moque de lui. Un sentiment de vénération envers la femme s'installe: deux phrases s'ouvrent sur la totalité de la scène et se ferment sur la femme. Le paragraphe se clôt sur le sentiment d'autosatisfaction personnelle dans le possessif : « ma maîtresse », « m'avait donné rendez- vous »>, << et je portais lentement mon verre à mes lèvres ». L'opposition entre le cadre et le ressenti annonce le désenchantement. III. L'intrusion du réel fait basculer le cours du récit - On commence avec une rupture de la situation initiale idéalisée. Intrusion du passé simple. Il y a un récit de l'événement perturbateur qui vient rompre le cadre posé. C'est la fin de l'idéalisation du cadre : on a une impression de mouvements flous, ralentis, maladroits... On rappelle l'ivresse de manière très concrète (à quatre pattes) et non plus dans des vapeurs enchantées. - L'accumulation des détails retarde la découverte et crée le suspens. Le ton du narrateur évolue entre désespoir et autodérision cruelle. Le regard incrédule du personnage ne parvient pas à comprendre et il accumule les indicateurs de position comme s'ils étaient vides de sens. Le lecteur s'amuse avec cruauté de sa naïveté. Ses actions sont à l'opposé des valeurs héroïques du style romanesque. - Il y a une dénonciation de l'hypocrisie des êtres. La soirée se situe après un jeu de masques et le personnage lève le voile. Le but est la révélation; c'est ce qui justifie la place de l'extrait en début de récit et lui donne le ton. La répétition des négations révèle la perfection des apparences et l'impossibilité de connaître l'autre. Le flirt de l'amant avec une autre femme (1.20) suggère que cette hypocrisie peut se perpétuer à l'infini et que la confiance entre les êtres est impossible. CONCLUSION - Finalement, nous avons observé comment on bascule de l'idéal à la réalité pour plonger le personnage dans un désespoir profond. Le roman du XIXe siècle n'a plus vocation à la fiction : il se rapproche de la réalité. - L'écriture de Musset reste plus intime que celle de Stendhal : l'analyse et l'introspection de l'individu priment. C'est en cela que cette oeuvre est plus romantique, tandis que Le Rouge et le Noir est plus réaliste. Cependant, Octave et Julien Sorel ont de solides liens de parenté : description de leurs sensations et déception du monde dans lequel ils évoluent. Tous deux sont amoureux mais méconnaissent leurs sentiments et sont contradictoires. Tous deux cherchent à justifier leurs actes, alors qu'eux-mêmes ne se comprennent pas. Ils sont, en quelque sorte, un miroir tendu au lecteur.