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Les Fleurs du Mal : TOUT ce qu'il faut savoir pour la dissertation !

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 BAUDELAIRE - LES FLEURS DU MAL
Biographie :
Né en 1821, le jeune Baudelaire mène une vie de débauche. Pour conforter sa
situation financièr

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1ère

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BAUDELAIRE - LES FLEURS DU MAL Biographie : Né en 1821, le jeune Baudelaire mène une vie de débauche. Pour conforter sa situation financière, il devient critique d'art et critique littéraire. Ses rencontres amoureuses sont déterminantes et influencent son œuvre : il s'éprend de Jeanne Duval, de l'actrice Marie Daubrun et de Mme Sabatier. Atteint de la syphilis, Baudelaire s'isole et meurt en 1867 à l'âge de 46 ans. Le fond et la forme : Sur le plan de la forme, c'est un recueil qui peut sembler classique : recours à des formes fixes comme le sonnet, utilisation d'alexandrins mais Baudelaire change la musique du vers en multipliant les enjambements, rejets et contre-rejets. Sur le fond, c'est un recueil qui a choqué la bourgeoisie bien-pensante de l'époque par sa volonté de mêler le beau et le sordide, la sensualité et le mal. Le recueil fait l'objet d'un procès: Baudelaire est condamné en correctionnelle pour << immoralité ». Une vision marginale de la beauté : Une définition originale : « J'ai trouvé la définition du Beau, de mon Beau. C'est quelque chose d'ardent et de triste, quelque chose d'un peu vague, laissant carrière à la conjecture." >> • Le malheur est une source d'inspiration pour le poète au fondement de sa poésie : la beauté chez Baudelaire repose sur...

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la description sublimée du malheur, qu'il intitule le « spleen >>. L'angoisse et la folie sont le moyen pour Baudelaire d'exprimer une beauté lyrique, notamment dans Spleen IV et La cloche fêlée. Le temps est la source du spleen et de la beauté qu'on lui rattache l'ennui dans Une charogne ou Danse macabre. • Le beau est extrait du mal, du laid. Il est ainsi mystérieux et énigmatique. Il dit dans La Beauté : « Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ». Cette contradiction beauté / mal nous renvoie à l'idée suivante : pour accéder au beau, le passage du mal est inévitable. C'est la cruauté même du monde qui accouche du beau. Ceci peut être jugé vrai dans la mesure où les plus belles pratiques artistiques sont des œuvres soumises au pouvoir de la douleur. C'est le cas de Victor Hugo aussi, d'Arthur Rimbaud, de Paul Verlaine et d'autres. Ils ont produit des poèmes sublimes à travers leur douleur et souffrance. ● Charles Baudelaire rejette l'idée du beau telle qu'elle a été adoptée par les différentes conceptions classiques. Il le lie au bizarre, à l'étrangeté et le définit comme : « Le beau est toujours bizarre ». Dans son poème Une Charogne, Charles Baudelaire qui ne semble pas être choqué, admire une charogne ; cette carcasse d'animal choquante et obscène ne désacralise pas l'idée sublimée du beau. Charles Baudelaire remet ainsi en question la tradition poétique dans la description d'une femme en la comparant à une charogne. Par le biais de la poésie, il présente la laideur comme étant une beauté. Le beau se justifie par sa propre laideur. L'influence des mouvements littéraires de l'époque : Paru en 1857, les Fleurs du Mal est un recueil fascinant car il se situe au carrefour de toutes les influences poétiques du XIXe siècle : le romantisme et le Parnasse. - Influence du romantisme : Après la révolution de 1848, les auteurs romantiques entrent dans un certain désenchantement, qui les fait se replier sur une poésie plus sombre. Baudelaire, à cet égard, est très proche de ce dernier moment du romantisme : la démesure grandiose de certains personnages (Don Juan dont le poète Byron fait un personnage romantique dans un long poème éponyme entre 1819 et 1824), l'attrait du surnaturel, la fascination pour les excès et les forces sataniques (Les Litanies de Satan, poème dans lequel Baudelaire y fait l'éloge de Satan) et le goût du macabre. On retrouve également l'influence des thèmes de l'écriture romantique : l'importance du thème amoureux (Poèmes dédiés à la femme aimée comme La chevelure dans lequel Baudelaire parle de la chevelure de son amante Jeanne Duval), de la mélancolie et de la nostalgie dans son œuvre en témoigne. - Influence du Parnasse : Influence des idées parnassiennes sur Baudelaire : le poème La Beauté reprend à l'évidence une def du beau empruntée à la sculpture et l'idée de perfection quasi inaccessible qu'elle implique. - Mais tend à estomper l'influence de ces deux mouvements : il se démarque en s'en prenant à la nature. Les romantiques font de la nature le miroir de leurs états d'âme, un cadre apaisant et consolante de leur mélancolie. Les poètes parnassiens figent la nature dans des descriptions d'une perfection éternelle. Baudelaire, lui, voit la nature comme un lieu vicié, fondamentalement hideux et infâme. On y croise des carcasses animales (Une charogne), et on y aperçoit des pendus (Un voyage à Cythère). La mort & la corruption y imposent partout leurs marques : « La nature ne fait que des monstres » (Notes nouvelles sur Edgar Poe, même auteur) S'il proteste contre la nature, Baudelaire ne célèbre pas pour autant la ville qui révèle des aspects ignobles et viciés de nature humaine. En évoquant dans les Tableaux parisiens la ville de Paris dans une perspective réaliste (misère populaire...) il s'oppose à la vision parnassienne du monde qui ignore la modernité. 2 Alchimie poétique : Chez Baudelaire, peut se concevoir selon 3 perspectives: Thème du livre: Approche de l'au-delà et des sciences occultes, renvoi à l'occultisme. Les titres des poèmes en révèlent l'importance : Le Possédé, Les Litanies de Satan ou Le Vampire. On peut y adjoindre le macabre avec Le Squelette laboureur o u Danse macabre. Un rapport particulier au monde Alchimie remonte à l'Antiquité gréco- égyptienne et qui connut une grande vogue en Europe du Moyen âge jusqu'à la fin du 18e siècle. L'alchimie s'est développée de manière occulte, dissimulée car elle allait à l'encontre de certains principes religieux. Ses deux objectifs majeurs pouvaient paraître dangereux pour l'équilibre social. Les alchimistes cherchent en effet à transformer les métaux vils en métaux nobles par l'action d'une pierre philosophale, aussi nommée le Grand Œuvre. Leur second objectif était pharmaceutique : il consistait dans la quête de la panacée, le remède universel, et de l'élixir de longue vie. Dans Les Fleurs du Mal la chimie est une science perçue comme négative, provenant de Satan lui-même selon les Litanies de Satan. L'alchimie est au contraire la source magique d'un enchantement. La figure du poète est associée à celle de l'alchimiste, il déchiffre, saisissant les secrets de Ia matière. Un langage : La tradition alchimiste se caractérise par son langage. La transmission des procédés alchimiques s'appuie sur des ouvrages réservés aux initiés. Cet ésotérisme se retrouve chez Baudelaire qui souhaite que son œuvre ne soit appréciée que des lecteurs qui auront les qualités pour cela. Dès le poème Au lecteur il choisit son lecteur : celui qui reconnaîtra les vices de sa nature humaine. À ce lecteur se dévoileront les charmes d'une poésie du mal. La boue : Le mot « boue » et ses synonymes « fange » et « bourbe » n'ont pas la même signification dans le recueil. 3 Un élément matériel : La boue est un amalgame de terre et d'eau qui indique une humidité désagréable du temps météorologique. Ainsi le poète peut signaler les << printemps trempés de boue » parmi les saisons qui répondent à son état d'âme funèbre. La boue peut également désigner la décomposition des corps en humus, ce mélange de terre et de matières organiques. La boue est donc cette << terre grasse et pleine d'escargots » où « Le Mort joyeux >> veut voir ensevelir son corps. Boue urbaine : Désigne également ensemble de déchets produits par la ville, la part perdue de l'ère industrielle, dont se nourrit la misère du peuple, en particulier dans les Tableaux parisiens. Paris est décrit comme une « cité de fange >>, << une fourmilière » où la « Prostitution » ronge la misère humaine. La grande ville n'est donc pas dénuée de boue, même si ce n'est pas celle des chemins de campagne. Une monstruosité morale : La boue est le nom de la souillure, de l'impureté morale. Vices, malheurs et malédictions de l'être humain s'y amalgament. Le recueil étudie de quoi se compose la laideur morale de l'homme, de la vénalité à l'orgueil, de l'ennui à la cruauté. Le spleen, expérience intense de la souffrance, nécessite d'être approché sous différents angles. Ce spleen est : une frustration colérique d'un Idéal non réalisé, une profonde mélancolie née du mal de vivre, l'angoisse du temps qui passe, la solitude, le sentiment d'impuissance. L'or: Chez Baudelaire, l'or est la transfiguration poétique de la réalité, c'est un Idéal, rendu possible grâce à des agents alchimiques plus ou moins puissants. 4 L'ambiguïté de la femme : La femme, sorcière qui voue le poète à un amour douloureux, peut aussi lui faire entrevoir l'Idéal. Elle est « ange » et « sphinx »>, << or » et « acier ». Sa beauté, caractérisée par sa froideur, est en même temps d'une perfection structurale, elle procure souffrance et plaisir. Elles font entrevoir la possibilité d'« illuminer un ciel bourbeux et noir » (L'Irréparable), même si cette possibilité est illusoire, la femme n'étant jamais cette fée qui saurait soulager définitivement la souffrance du poète. Le paradis artificiel du vin : Le vin peut quant à lui transfigurer la réalité : « Le vin sait revêtir le plus sordide bouge / D'un luxe miraculeux » (Le Poison). Mais ce pouvoir est illusoire puisqu'il se rapproche de celui du rêve dans lequel le poète peut imaginer un « palais infini » merveilleux mais au prix d'un douloureux réveil où il redécouvre « l'horreur de [s]on taudis » (Rêve parisien). Donc paradis artificiel finalement décevant. Le soleil : Le soleil brille comme l'or et sa lumière peut sublimer la réalité. Ce soleil couchant verse une lumière « d'hyacinthe et d'or » (L'invitation au voyage). Mais ce soleil, le poète doit surtout le trouver en lui-même et << tirer un soleil de [s]on cœur » (Paysage). Le poème Le Soleil le souligne bien : la lumière solaire parvient à « ennobli[r] le sort des choses les plus viles >>. Leconte de Lisle : Le double motif de l'or et de la boue se retrouve chez d'autres poètes admirateurs de Baudelaire. Exemple : sonnet Aux modernes de Leconte de Lisle dans lequel or & boue deviennent presque des synonymes, paru en revue en 1864 puis intégré aux Poëmes barbares en 1872.

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BAUDELAIRE - LES FLEURS DU MAL Biographie : Né en 1821, le jeune Baudelaire mène une vie de débauche. Pour conforter sa situation financière, il devient critique d'art et critique littéraire. Ses rencontres amoureuses sont déterminantes et influencent son œuvre : il s'éprend de Jeanne Duval, de l'actrice Marie Daubrun et de Mme Sabatier. Atteint de la syphilis, Baudelaire s'isole et meurt en 1867 à l'âge de 46 ans. Le fond et la forme : Sur le plan de la forme, c'est un recueil qui peut sembler classique : recours à des formes fixes comme le sonnet, utilisation d'alexandrins mais Baudelaire change la musique du vers en multipliant les enjambements, rejets et contre-rejets. Sur le fond, c'est un recueil qui a choqué la bourgeoisie bien-pensante de l'époque par sa volonté de mêler le beau et le sordide, la sensualité et le mal. Le recueil fait l'objet d'un procès: Baudelaire est condamné en correctionnelle pour << immoralité ». Une vision marginale de la beauté : Une définition originale : « J'ai trouvé la définition du Beau, de mon Beau. C'est quelque chose d'ardent et de triste, quelque chose d'un peu vague, laissant carrière à la conjecture." >> • Le malheur est une source d'inspiration pour le poète au fondement de sa poésie : la beauté chez Baudelaire repose sur...

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la description sublimée du malheur, qu'il intitule le « spleen >>. L'angoisse et la folie sont le moyen pour Baudelaire d'exprimer une beauté lyrique, notamment dans Spleen IV et La cloche fêlée. Le temps est la source du spleen et de la beauté qu'on lui rattache l'ennui dans Une charogne ou Danse macabre. • Le beau est extrait du mal, du laid. Il est ainsi mystérieux et énigmatique. Il dit dans La Beauté : « Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ». Cette contradiction beauté / mal nous renvoie à l'idée suivante : pour accéder au beau, le passage du mal est inévitable. C'est la cruauté même du monde qui accouche du beau. Ceci peut être jugé vrai dans la mesure où les plus belles pratiques artistiques sont des œuvres soumises au pouvoir de la douleur. C'est le cas de Victor Hugo aussi, d'Arthur Rimbaud, de Paul Verlaine et d'autres. Ils ont produit des poèmes sublimes à travers leur douleur et souffrance. ● Charles Baudelaire rejette l'idée du beau telle qu'elle a été adoptée par les différentes conceptions classiques. Il le lie au bizarre, à l'étrangeté et le définit comme : « Le beau est toujours bizarre ». Dans son poème Une Charogne, Charles Baudelaire qui ne semble pas être choqué, admire une charogne ; cette carcasse d'animal choquante et obscène ne désacralise pas l'idée sublimée du beau. Charles Baudelaire remet ainsi en question la tradition poétique dans la description d'une femme en la comparant à une charogne. Par le biais de la poésie, il présente la laideur comme étant une beauté. Le beau se justifie par sa propre laideur. L'influence des mouvements littéraires de l'époque : Paru en 1857, les Fleurs du Mal est un recueil fascinant car il se situe au carrefour de toutes les influences poétiques du XIXe siècle : le romantisme et le Parnasse. - Influence du romantisme : Après la révolution de 1848, les auteurs romantiques entrent dans un certain désenchantement, qui les fait se replier sur une poésie plus sombre. Baudelaire, à cet égard, est très proche de ce dernier moment du romantisme : la démesure grandiose de certains personnages (Don Juan dont le poète Byron fait un personnage romantique dans un long poème éponyme entre 1819 et 1824), l'attrait du surnaturel, la fascination pour les excès et les forces sataniques (Les Litanies de Satan, poème dans lequel Baudelaire y fait l'éloge de Satan) et le goût du macabre. On retrouve également l'influence des thèmes de l'écriture romantique : l'importance du thème amoureux (Poèmes dédiés à la femme aimée comme La chevelure dans lequel Baudelaire parle de la chevelure de son amante Jeanne Duval), de la mélancolie et de la nostalgie dans son œuvre en témoigne. - Influence du Parnasse : Influence des idées parnassiennes sur Baudelaire : le poème La Beauté reprend à l'évidence une def du beau empruntée à la sculpture et l'idée de perfection quasi inaccessible qu'elle implique. - Mais tend à estomper l'influence de ces deux mouvements : il se démarque en s'en prenant à la nature. Les romantiques font de la nature le miroir de leurs états d'âme, un cadre apaisant et consolante de leur mélancolie. Les poètes parnassiens figent la nature dans des descriptions d'une perfection éternelle. Baudelaire, lui, voit la nature comme un lieu vicié, fondamentalement hideux et infâme. On y croise des carcasses animales (Une charogne), et on y aperçoit des pendus (Un voyage à Cythère). La mort & la corruption y imposent partout leurs marques : « La nature ne fait que des monstres » (Notes nouvelles sur Edgar Poe, même auteur) S'il proteste contre la nature, Baudelaire ne célèbre pas pour autant la ville qui révèle des aspects ignobles et viciés de nature humaine. En évoquant dans les Tableaux parisiens la ville de Paris dans une perspective réaliste (misère populaire...) il s'oppose à la vision parnassienne du monde qui ignore la modernité. 2 Alchimie poétique : Chez Baudelaire, peut se concevoir selon 3 perspectives: Thème du livre: Approche de l'au-delà et des sciences occultes, renvoi à l'occultisme. Les titres des poèmes en révèlent l'importance : Le Possédé, Les Litanies de Satan ou Le Vampire. On peut y adjoindre le macabre avec Le Squelette laboureur o u Danse macabre. Un rapport particulier au monde Alchimie remonte à l'Antiquité gréco- égyptienne et qui connut une grande vogue en Europe du Moyen âge jusqu'à la fin du 18e siècle. L'alchimie s'est développée de manière occulte, dissimulée car elle allait à l'encontre de certains principes religieux. Ses deux objectifs majeurs pouvaient paraître dangereux pour l'équilibre social. Les alchimistes cherchent en effet à transformer les métaux vils en métaux nobles par l'action d'une pierre philosophale, aussi nommée le Grand Œuvre. Leur second objectif était pharmaceutique : il consistait dans la quête de la panacée, le remède universel, et de l'élixir de longue vie. Dans Les Fleurs du Mal la chimie est une science perçue comme négative, provenant de Satan lui-même selon les Litanies de Satan. L'alchimie est au contraire la source magique d'un enchantement. La figure du poète est associée à celle de l'alchimiste, il déchiffre, saisissant les secrets de Ia matière. Un langage : La tradition alchimiste se caractérise par son langage. La transmission des procédés alchimiques s'appuie sur des ouvrages réservés aux initiés. Cet ésotérisme se retrouve chez Baudelaire qui souhaite que son œuvre ne soit appréciée que des lecteurs qui auront les qualités pour cela. Dès le poème Au lecteur il choisit son lecteur : celui qui reconnaîtra les vices de sa nature humaine. À ce lecteur se dévoileront les charmes d'une poésie du mal. La boue : Le mot « boue » et ses synonymes « fange » et « bourbe » n'ont pas la même signification dans le recueil. 3 Un élément matériel : La boue est un amalgame de terre et d'eau qui indique une humidité désagréable du temps météorologique. Ainsi le poète peut signaler les << printemps trempés de boue » parmi les saisons qui répondent à son état d'âme funèbre. La boue peut également désigner la décomposition des corps en humus, ce mélange de terre et de matières organiques. La boue est donc cette << terre grasse et pleine d'escargots » où « Le Mort joyeux >> veut voir ensevelir son corps. Boue urbaine : Désigne également ensemble de déchets produits par la ville, la part perdue de l'ère industrielle, dont se nourrit la misère du peuple, en particulier dans les Tableaux parisiens. Paris est décrit comme une « cité de fange >>, << une fourmilière » où la « Prostitution » ronge la misère humaine. La grande ville n'est donc pas dénuée de boue, même si ce n'est pas celle des chemins de campagne. Une monstruosité morale : La boue est le nom de la souillure, de l'impureté morale. Vices, malheurs et malédictions de l'être humain s'y amalgament. Le recueil étudie de quoi se compose la laideur morale de l'homme, de la vénalité à l'orgueil, de l'ennui à la cruauté. Le spleen, expérience intense de la souffrance, nécessite d'être approché sous différents angles. Ce spleen est : une frustration colérique d'un Idéal non réalisé, une profonde mélancolie née du mal de vivre, l'angoisse du temps qui passe, la solitude, le sentiment d'impuissance. L'or: Chez Baudelaire, l'or est la transfiguration poétique de la réalité, c'est un Idéal, rendu possible grâce à des agents alchimiques plus ou moins puissants. 4 L'ambiguïté de la femme : La femme, sorcière qui voue le poète à un amour douloureux, peut aussi lui faire entrevoir l'Idéal. Elle est « ange » et « sphinx »>, << or » et « acier ». Sa beauté, caractérisée par sa froideur, est en même temps d'une perfection structurale, elle procure souffrance et plaisir. Elles font entrevoir la possibilité d'« illuminer un ciel bourbeux et noir » (L'Irréparable), même si cette possibilité est illusoire, la femme n'étant jamais cette fée qui saurait soulager définitivement la souffrance du poète. 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Exemple : sonnet Aux modernes de Leconte de Lisle dans lequel or & boue deviennent presque des synonymes, paru en revue en 1864 puis intégré aux Poëmes barbares en 1872.