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terminale HGGSP - le patrimoine

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 HGGSP THEME 2 : identifier, protéger et
valoriser le patrimoine : enjeux géopolitiques
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Romanée Ducherpozat

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HGGSP THEME 2 : identifier, protéger et valoriser le patrimoine : enjeux géopolitiques patrimoine : vient du latin «patrimonium », l'héritage du père (on construit un patrimoine que l'on transmet à la descendance). Il désigne l'ensemble des biens matériels ou immatériels, individuels ou collectifs qui sont transmis et conservés afin de garder les traces du passé, d'une identité, d'une mémoire ou d'une histoire. C'est une notion relative que les sociétés désignent comme patrimoine des objets, de différentes natures, porteur de sens à leurs yeux. Ce qui nous est parvenu n'est jamais dû au hasard mais au choix fait à chaque époque. Ce patrimoine prend tout son sens avec l'émergence de la nécessité de sauvegarder, d'entretenir, puis de transmettre un héritage transformé et enrichi. Le concept de patrimoine recouvre un champ de plus en plus large (matériel, immatériel), dans le temps (du plus anciens aux plus récent) et dans l'espace (le monde). En France, la notion de patrimoine s'élabore au moment de la révolution française : dès 1970, les révolutionnaires ordonne qu'il soit dressé un inventaire des biens car les monuments appartiennent désormais à la nation (bien du clergé, de la couronne, des immigrés). On doit conserver les pièces qui contribue à construire une morale publique et donner une existence passée. La révolution amène deux idées essentielles...

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dans la morale publique : l'interdiction de la destruction et la protection. Cet intérêt pour le patrimoine s'inscrit dans une volonté de se prémunir contre la perte de mémoire et la dilution de l'identité. C'est ainsi que ce fort désir de mémoire émerge pour faire face aux mutations économiques et sociales contemporaines. La réflexion portait sur ce qui doit être préservé, comme témoignages exceptionnels au signifiant d'une époque, d'une société. Sous la monarchie de juillet (1830-1848), on remarque une émergence de la nécessité de protection du patrimoine : dans une optique purement libérale, on confie à des intérêts privés la gestion de nouveau musées. Violet-Le-Duc est un archétype de cette période. La IIIe République utilise le patrimoine pour promouvoir la république notamment via l'école. 1887: loi sur la protection des biens au nom de l'intérêt national 1913 : loi sur la direction des biens au nom de l'intérêt artistique 1962/1964 : loi Malraux marquant un tournant dans le patrimoine. 1984: création des journées du patrimoine Depuis 1945, le pays a vécu de très profondes mutations, le patrimoine est alors perçu comme ce qui ramène au temps d'avant. De plus, l'art contemporain suscite une réaction entraînant un regain d'intérêt pour le patrimoine plus ancien/ classique. En France, on a bien l'émergence d'un concept devenu majeur, mais selon quelles temporalités ? Naissances et affirmations d’un patrimoine mondial : le patrimoine est devenu une notion planétaire. Bien que d'un pays à l'autre les politiques spécifiques témoignent de différences culturelles dans la conception de l'héritage et donc du temps, on assiste en quelque sorte alors à la patrimonialisation du monde. On a un universalisme pluriel, aucune culture n'est universelle au sens supérieur mais toutes ont vocation à l'universel. Création de l'UNESCO en 1945 (organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Elle a pour mission de contribuer à la construction d'une culture de la paix, a l’éradication de la pauvreté, au développement durable et au dialogue interculturel à travers l'éducation, les sciences, la communication et l'information. La Convention sur le patrimoine mondial de l'humanité de 1972, élaborée sous l'égide de l'Unesco cherche à faire du patrimoine un élément de rapprochement entre les peuples. La convention de 2003 sur le patrimoine immatériel élaborée également sous l'égide de l'Unesco vise à intégrer dans le champ patrimonial l'ensemble des savoirs et des pratiques culturels d'un patrimoine qui couvre des domaines de plus en plus large. Elle y inclut désormais les rituels, les jeux, les savoir-faire artisanaux, les espaces de sociabilité, l'ensemble des pratiques alimentaires ainsi que les arts du spectacle. La naissance du patrimoine mondial à plusieurs enjeux : établir un cadre juridique, un droit collectif Enjeux mémoriels, identitaires (quel récit ? Quelle représentation ?) Enjeux éthiques : la patrimonialisation est un moyen de construire l'humanité, de rassembler pour ensuite démontrer l'existence du patrimoine. Enjeu géopolitique : construction d'un nouvel ordre mondial dans le patrimoine mondial est en ciment. Le patrimoine peut devenir un enjeu de propriété, de classement, de choix économiques, politiques ou civiques, touristes ou financiers. Lorsque les situations locales sont particulièrement conflictuelles, le patrimoine peut être convoqué pour affirmer nationalisme et identité. Il est alors objet de conflit, parfois de guerre, comme nous montre les destructions opérées par les talibans. L'anéantissement des monuments de l'adversaire devient un but en lui- même, un instrument du combat. Le patrimoine peut donc être un élément d'union mais aussi de divisions On a un mouvement général de réflexion combiné au contexte historique qui, à l'échelle mondiale, change profondément la donne. La décolonisation (démarrant avant la seconde guerre mondiale) entraîne une relecture de l'histoire. L'Occident étais dominant (l'Italie et la Chine sont les états qui possède le plus grand nombre de bien inscrit au patrimoine mondial suivi par l'Espagne, L'Allemagne et la France : domination européenne) mais cette relecture va dans le sens d'une prise en compte effective des réalités de chaque acteur. On a alors une définition nouvelle du concept de patrimoine. Inégalités Nord-Sud : les pays du nord sont plus avancés dans la démarche (ils ont les moyens de mettre en valeur et de développer leur patrimoine largement supérieur, et sont plus efficaces dans leur lobbying). VERSAILLES Louis-Philippe (1773- 1850) partisan convaincu du libéralisme politique et économique qui doit permettre à la bourgeoisie de détenir tous les leviers du pouvoir, ils règne comme roi des Français de 1830 à 1848. Malgré son avarice légendaire, il prend dans son immense fortune personnelle les financements nécessaires à la réhabilitation du château de Versailles et à sa transformation en musée. Chassé du trône par la révolution de février 1848 pour avoir refusé l'instauration du suffrage universel, il meurt exilé en Angleterre. Considéré comme le symbole de l'absolutisme monarchique de l'ancien régime, le château de Versailles est peu à peu délaissé au début du XIXe siècle, et se délabre inexorablement jusqu'au règne de Louis-Philippe. En 1833, ce dernier décide de le transformer en musée. Parallèlement, le château retrouve progressivement un sens politique. Versailles est utilisé par Louis-Philippe comme un moyen de réconcilier la mémoire des Français. Il a une intention claire : illustrer le passé glorieux de la France et redorer le blason, et ces actions ont été possible que grâce à l'unité nationale et la participation collective. On a une théorisation consciente de l'intérêt d'un musée comme moyen de poser l'histoire, de la mettre en place. Ce musée raconte un passé que l'on contribue à bâtir, et deviendra le musée de la monarchie et la France éternelle. Le château de Versailles est devenu le cadre de plusieurs types de manifestations politiques : il est le lieu de signature de traités, notamment le traité de Versailles en 1919 mais également des lois qui serviront de constitution à la IIIe République en 1875. Un problème se pose : l'instrumentalisation du château à des fins politiques. Cependant, cette utilisation peut avoir comme but de mettre en valeur les richesses nationales, leur donner une exposition le temps d'une manifestation, quelle qu'elle soit. C'est aussi un moyen de montrer sa puissance, de la mettre en scène et d'améliorer les relations internationales. Évolutions actuelles : Versailles reste associé au Roi-Soleil, échec de la construction d'un lieu de mémoire. La tentative de faire du lieu un espace républicain, un lieu de mémoire parmi d'autres est infructueuse. Le lieu a vu ses usages se diversifier grandement depuis quelques années : Concerts, expositions d'art contemporain, voire usage privé : nouveaux usages permettant d'assurer le poids d'un coup d'exploitation exorbitant. Le danger de la spécialisation de l'espace vers le tourisme est une grande menace. Certains parlent même de fossilisation du lieu. Des groupes locaux à Versailles luttent pour que leur ville demeure autre chose que le lieu du passé. LES FRISES DU PARTHENON DEPUIS LE XXeme SIECLE Les frises du Parthénon sont un patrimoine commun à tous, il est ici question d’états entre eux. C'est une œuvre majeure du patrimoine mondial. Emblème de la puissance d'Athènes au Ve siècle avant JC, le parthénon, temple dédié à la déesse Athéna, protectrice de la ville, entame une longue décadence dès l'effondrement de la puissance athénienne au IVe siècle avant JC. 1801 la Grèce est sous domination ottomane, Lord Elgin, ambassadeur britannique auprès du gouvernement ottoman, obtient des autorités locales de mener des fouilles. de 1801 à 1817: de nombreuses pièces (la grande majorité des sculptures et la moitié des frises) sont emmenés en Grande-Bretagne avec l'idée d'en tirer profit en les vendant ultérieurement. 1816 la plupart des acquisitions de Lord Elgin sont transférés au British Museum qui les met progressivement en valeur. Une salle spéciale permettant d'admirer les frises est inaugurée en 1860 et devient l'un des lieux les plus fréquentés du musée. Le conflit patrimonial concernant les frises du Parthénon éclate au grand jour dans les années 1980 quand la célèbre actrice Melina Mercouri, devenue ministre grec de la culture, réclame avec insistance le retour des frises à Athènes. Pour les grecques, les frises du Parthénon constitue un enjeu identitaire fort. Il est question de récupérer un bien perdu, dans ce cas un bien inestimable, reconnu par tous comme ayant une valeur indiscutable. Pour les Britanniques, il est question de puissance il faut ici montrer qu'au-delà de la spoliation, il y a un intérêt majeur pour les objets dans la maison valeur à Londres, l'une des capital culturelle mondial de la culture, De leur maintien au British Museum. La question est de conserver la place éminente de puissance qui compte et parvient à s'imposer dans ce genre de contexte. C'est une question qui dépasse le simple bras de fer entre deux nations. L'Unesco, au-delà de la simple constitution d'une liste, deviens alors l'arbitre naturel de ce genre de conflit, jouant un rôle de type onusien. Malgré le fait que l'Unesco ce soit prononcé en faveur d'un retour des frises, c'est la question du droit de propriété qui jaillit la. L’imprescriptibilité est ici mise en jeu : un bien imprescriptible peut à tout moment être revendiqué par un musée. Autrement dit, le bien volé peut être réclamé sans délai maximum de validité de la plainte. L'inaliénabilité est également mise en jeu : quelque chose ne peut-être cédé, vendu. On a alors une légitimité de l'inaliénabilité grecque face à l'imprescriptibilité du musée britannique. Il faudrait donc clairement définir un droit mondial dans le contexte patrimonial. Solution : faire en sorte que certains objets, dont la possession est la source de conflit éternel, fasse l'objet de près croisés, des création de réplique à l'identique. Ainsi, au lieu de constituer un terrain de conflit, le patrimoine deviendrait alors un terrain de conciliation. PARIS Le centre historique de Paris est un témoin des choix patrimoniaux du pouvoir politique faits au cours des âges. Conserver ou non l'urbanisme ancien du centre historique est le résultat d'arbitrage qui, pour chaque époque, relèvent d'un sens profond. Le regard sur Paris a grandement changé au fils des époques : progressivement, la ville s'est embourgeoisée dans le même temps qu'elle a mutée en métropole de rang mondial, entre autre grâce à sa culture multiforme extrêmement diverse. L'art, l'histoire et le patrimoine sont partout présent, histoire de France mais aussi histoire du monde (exemple: émotion mondiale suscitée par l' incendie de Notre-Dame). Fin de l'ancien régime : ville de Faubourgs, populaire, ouvrière Second empire: apparition du pari d'Haussmann (Haussmannisation : ensemble de grands travaux constituant une modernisation globale sans précédent de Paris (assainissement, circulation, parure monumentale) décidée par Napoléon III et menée a bien par le préfet de la scène, le baron Haussmann). Jusque-là, peu de prise en compte de la dimension patrimoniale à l'échelle de la ville. 1887 loi sur la conservation des monuments objets d'art. 1913 loi sur les monuments historique 1931: texte de référence qui a produit l'idée des villes fonctionnelles avec quartier historique à préserver. Paris est développée sur des critères purement urbanistique. La course à la puissance est en revanche ancienne. La tour Eiffel est un moyen de témoigner de sa puissance. La modernisation de Paris est l'œuvre du pouvoir politique, symbolisée par le baron Haussmann sous Napoléon III. Les expositions universelles participe au rayonnement international du Paris de la Belle Époque qui atteint alors un immense prestige. La densité de population explosant, la nécessité de mobilité aussi, il faut construire toute une série d'infrastructures nouvelles. Un déséquilibre s'installe peu à peu (travail à l'ouest, logement à l'Est) suite au choix de privilégier la voiture par De Gaulle. Moderniser la ville devient alors très complexe et s'invite alors dans les années 70 l'idée du patrimoine à valoriser. Aujourd'hui, le patrimoine parisien est confronté à la réalité des mutations urbaines. La spécificité de Paris est le peu de gigantisme (qui surprend les touristes notamment asiatiques). Doit-on céder aux facadisme des quartiers historiques ? Le danger de la muséification guette la ville mais elle ne peut devenir un musée car, peuplée de 2,2 millions d'habitants, elle doit développer les infrastructures nécessaires à la vie quotidienne de ses habitants. L'hypermodernité que connait les grandes villes telles que Singapour est également un danger pour Paris car la solution de valorisation de Paris est plutôt de garder son caractère propre. La richesse du patrimoine de Paris est cependant un atout majeur, pour répondre aux besoins de 30 millions de touristes qui viennent visiter la capitale chaque année. Restauration et protections : l'État cherche à transférer certains monuments historiques de Paris aux collectivités territoriales et recherche de nouvelles voies pour valoriser le patrimoine et rentabiliser sa gestion, mais cette politique est contesté par ceux qui pensent que la propriété des lieux chargés d'histoire et de mémoire doit rester inaliénable pour assurer la transmission des vestiges du passé aux générations futures. Plan local d'urbanisme en 2006 : la notion de patrimoine familier s'agit de protéger des éléments patrimoniaux courants qui ne sont pas considérés par l'État comme des monuments historiques à conserver.

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dans la morale publique : l'interdiction de la destruction et la protection. Cet intérêt pour le patrimoine s'inscrit dans une volonté de se prémunir contre la perte de mémoire et la dilution de l'identité. C'est ainsi que ce fort désir de mémoire émerge pour faire face aux mutations économiques et sociales contemporaines. La réflexion portait sur ce qui doit être préservé, comme témoignages exceptionnels au signifiant d'une époque, d'une société. Sous la monarchie de juillet (1830-1848), on remarque une émergence de la nécessité de protection du patrimoine : dans une optique purement libérale, on confie à des intérêts privés la gestion de nouveau musées. Violet-Le-Duc est un archétype de cette période. La IIIe République utilise le patrimoine pour promouvoir la république notamment via l'école. 1887: loi sur la protection des biens au nom de l'intérêt national 1913 : loi sur la direction des biens au nom de l'intérêt artistique 1962/1964 : loi Malraux marquant un tournant dans le patrimoine. 1984: création des journées du patrimoine Depuis 1945, le pays a vécu de très profondes mutations, le patrimoine est alors perçu comme ce qui ramène au temps d'avant. De plus, l'art contemporain suscite une réaction entraînant un regain d'intérêt pour le patrimoine plus ancien/ classique. En France, on a bien l'émergence d'un concept devenu majeur, mais selon quelles temporalités ? Naissances et affirmations d’un patrimoine mondial : le patrimoine est devenu une notion planétaire. Bien que d'un pays à l'autre les politiques spécifiques témoignent de différences culturelles dans la conception de l'héritage et donc du temps, on assiste en quelque sorte alors à la patrimonialisation du monde. On a un universalisme pluriel, aucune culture n'est universelle au sens supérieur mais toutes ont vocation à l'universel. Création de l'UNESCO en 1945 (organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Elle a pour mission de contribuer à la construction d'une culture de la paix, a l’éradication de la pauvreté, au développement durable et au dialogue interculturel à travers l'éducation, les sciences, la communication et l'information. La Convention sur le patrimoine mondial de l'humanité de 1972, élaborée sous l'égide de l'Unesco cherche à faire du patrimoine un élément de rapprochement entre les peuples. La convention de 2003 sur le patrimoine immatériel élaborée également sous l'égide de l'Unesco vise à intégrer dans le champ patrimonial l'ensemble des savoirs et des pratiques culturels d'un patrimoine qui couvre des domaines de plus en plus large. 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L'anéantissement des monuments de l'adversaire devient un but en lui- même, un instrument du combat. Le patrimoine peut donc être un élément d'union mais aussi de divisions On a un mouvement général de réflexion combiné au contexte historique qui, à l'échelle mondiale, change profondément la donne. La décolonisation (démarrant avant la seconde guerre mondiale) entraîne une relecture de l'histoire. L'Occident étais dominant (l'Italie et la Chine sont les états qui possède le plus grand nombre de bien inscrit au patrimoine mondial suivi par l'Espagne, L'Allemagne et la France : domination européenne) mais cette relecture va dans le sens d'une prise en compte effective des réalités de chaque acteur. On a alors une définition nouvelle du concept de patrimoine. Inégalités Nord-Sud : les pays du nord sont plus avancés dans la démarche (ils ont les moyens de mettre en valeur et de développer leur patrimoine largement supérieur, et sont plus efficaces dans leur lobbying). VERSAILLES Louis-Philippe (1773- 1850) partisan convaincu du libéralisme politique et économique qui doit permettre à la bourgeoisie de détenir tous les leviers du pouvoir, ils règne comme roi des Français de 1830 à 1848. Malgré son avarice légendaire, il prend dans son immense fortune personnelle les financements nécessaires à la réhabilitation du château de Versailles et à sa transformation en musée. Chassé du trône par la révolution de février 1848 pour avoir refusé l'instauration du suffrage universel, il meurt exilé en Angleterre. Considéré comme le symbole de l'absolutisme monarchique de l'ancien régime, le château de Versailles est peu à peu délaissé au début du XIXe siècle, et se délabre inexorablement jusqu'au règne de Louis-Philippe. En 1833, ce dernier décide de le transformer en musée. Parallèlement, le château retrouve progressivement un sens politique. Versailles est utilisé par Louis-Philippe comme un moyen de réconcilier la mémoire des Français. Il a une intention claire : illustrer le passé glorieux de la France et redorer le blason, et ces actions ont été possible que grâce à l'unité nationale et la participation collective. On a une théorisation consciente de l'intérêt d'un musée comme moyen de poser l'histoire, de la mettre en place. Ce musée raconte un passé que l'on contribue à bâtir, et deviendra le musée de la monarchie et la France éternelle. Le château de Versailles est devenu le cadre de plusieurs types de manifestations politiques : il est le lieu de signature de traités, notamment le traité de Versailles en 1919 mais également des lois qui serviront de constitution à la IIIe République en 1875. Un problème se pose : l'instrumentalisation du château à des fins politiques. Cependant, cette utilisation peut avoir comme but de mettre en valeur les richesses nationales, leur donner une exposition le temps d'une manifestation, quelle qu'elle soit. C'est aussi un moyen de montrer sa puissance, de la mettre en scène et d'améliorer les relations internationales. Évolutions actuelles : Versailles reste associé au Roi-Soleil, échec de la construction d'un lieu de mémoire. La tentative de faire du lieu un espace républicain, un lieu de mémoire parmi d'autres est infructueuse. Le lieu a vu ses usages se diversifier grandement depuis quelques années : Concerts, expositions d'art contemporain, voire usage privé : nouveaux usages permettant d'assurer le poids d'un coup d'exploitation exorbitant. Le danger de la spécialisation de l'espace vers le tourisme est une grande menace. Certains parlent même de fossilisation du lieu. Des groupes locaux à Versailles luttent pour que leur ville demeure autre chose que le lieu du passé. LES FRISES DU PARTHENON DEPUIS LE XXeme SIECLE Les frises du Parthénon sont un patrimoine commun à tous, il est ici question d’états entre eux. C'est une œuvre majeure du patrimoine mondial. Emblème de la puissance d'Athènes au Ve siècle avant JC, le parthénon, temple dédié à la déesse Athéna, protectrice de la ville, entame une longue décadence dès l'effondrement de la puissance athénienne au IVe siècle avant JC. 1801 la Grèce est sous domination ottomane, Lord Elgin, ambassadeur britannique auprès du gouvernement ottoman, obtient des autorités locales de mener des fouilles. de 1801 à 1817: de nombreuses pièces (la grande majorité des sculptures et la moitié des frises) sont emmenés en Grande-Bretagne avec l'idée d'en tirer profit en les vendant ultérieurement. 1816 la plupart des acquisitions de Lord Elgin sont transférés au British Museum qui les met progressivement en valeur. Une salle spéciale permettant d'admirer les frises est inaugurée en 1860 et devient l'un des lieux les plus fréquentés du musée. Le conflit patrimonial concernant les frises du Parthénon éclate au grand jour dans les années 1980 quand la célèbre actrice Melina Mercouri, devenue ministre grec de la culture, réclame avec insistance le retour des frises à Athènes. Pour les grecques, les frises du Parthénon constitue un enjeu identitaire fort. Il est question de récupérer un bien perdu, dans ce cas un bien inestimable, reconnu par tous comme ayant une valeur indiscutable. Pour les Britanniques, il est question de puissance il faut ici montrer qu'au-delà de la spoliation, il y a un intérêt majeur pour les objets dans la maison valeur à Londres, l'une des capital culturelle mondial de la culture, De leur maintien au British Museum. La question est de conserver la place éminente de puissance qui compte et parvient à s'imposer dans ce genre de contexte. C'est une question qui dépasse le simple bras de fer entre deux nations. 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Ainsi, au lieu de constituer un terrain de conflit, le patrimoine deviendrait alors un terrain de conciliation. PARIS Le centre historique de Paris est un témoin des choix patrimoniaux du pouvoir politique faits au cours des âges. Conserver ou non l'urbanisme ancien du centre historique est le résultat d'arbitrage qui, pour chaque époque, relèvent d'un sens profond. Le regard sur Paris a grandement changé au fils des époques : progressivement, la ville s'est embourgeoisée dans le même temps qu'elle a mutée en métropole de rang mondial, entre autre grâce à sa culture multiforme extrêmement diverse. L'art, l'histoire et le patrimoine sont partout présent, histoire de France mais aussi histoire du monde (exemple: émotion mondiale suscitée par l' incendie de Notre-Dame). 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Les expositions universelles participe au rayonnement international du Paris de la Belle Époque qui atteint alors un immense prestige. La densité de population explosant, la nécessité de mobilité aussi, il faut construire toute une série d'infrastructures nouvelles. Un déséquilibre s'installe peu à peu (travail à l'ouest, logement à l'Est) suite au choix de privilégier la voiture par De Gaulle. Moderniser la ville devient alors très complexe et s'invite alors dans les années 70 l'idée du patrimoine à valoriser. Aujourd'hui, le patrimoine parisien est confronté à la réalité des mutations urbaines. La spécificité de Paris est le peu de gigantisme (qui surprend les touristes notamment asiatiques). Doit-on céder aux facadisme des quartiers historiques ? Le danger de la muséification guette la ville mais elle ne peut devenir un musée car, peuplée de 2,2 millions d'habitants, elle doit développer les infrastructures nécessaires à la vie quotidienne de ses habitants. 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