Napoléon Bonaparte : continuateur ou fossoyeur de la Révolution ?
Le coup d'État du 18 Brumaire marque la fin du Directoire et l'avènement du Consulat (1799-1804), qui cédera plus tard la place à l'Empire lorsque Napoléon Bonaparte se sacre Empereur le 2 décembre 1804. Cette transition soulève une question essentielle : ce général corse a-t-il perpétué ou enterré les idéaux révolutionnaires ?
D'un côté, Napoléon maintient plusieurs principes révolutionnaires importants. Il instaure le Code civil qui unifie la législation sur tout le territoire français, mettant fin aux disparités entre provinces. Il préserve le droit de propriété, conserve le découpage départemental et met en place des préfets comme représentants de l'État. La création du Franc Germinal et de la Banque de France stabilise l'économie, tandis que le Concordat apaise les tensions religieuses.
Bon à savoir : Le Code civil, promulgué en 1804, est parfois appelé "Code Napoléon" et certaines de ses dispositions restent en vigueur dans la France actuelle.
Cependant, Napoléon s'éloigne aussi des idéaux révolutionnaires. Il restreint considérablement la liberté de la presse en supprimant de nombreux journaux. Plus grave encore, il rétablit l'esclavage dans les colonies en 1802, alors que la Convention l'avait aboli en 1794. Le Code civil, malgré ses avancées, soumet les femmes et les enfants à l'autorité du chef de famille, contredisant l'égalité proclamée. Ses guerres, initialement justifiées pour diffuser les idées révolutionnaires, deviennent des conquêtes impérialistes où les Français sont perçus comme des colonisateurs.
La figure de Napoléon reste donc ambivalente. Ni totalement continuateur, ni complètement fossoyeur de la Révolution française, il incarne une transition complexe qui emprunte aux deux héritages. Son règne représente un équilibre délicat entre innovations révolutionnaires et retour à certains principes autoritaires de l'Ancien Régime.