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Classe de Première. Histoire.
Introduction.
La difficile entrée dans l'âge démocratique :
la Deuxième République et le Second Empire.
La rév
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La difficile entrée dans l'âge démocratique :
la Deuxième République et le Second Empire.
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Classe de Première. Histoire.
Introduction.
La difficile entrée dans l'âge démocratique :
la Deuxième République et le Second Empire.
La rév

Classe de Première. Histoire. Introduction. La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire. La révolution de février 1848 entraîne la proclamation de la Ile République et moins de quatre ans plus tard, le président Louis-Napoléon Bonaparte fait un coup d'état, le 2 décembre 1851, puis restaure l'Empire en 1852 en prenant le nom de Napoléon III. Entre une république éphémère, la mise en place d'un régime autoritaire, qui tend à se libéraliser, nous verrons comment le chemin de la démocratie fut difficile en France de 1848 à 1870. I. Espoirs et limites de la IIe République A. L'élan révolutionnaire de 1848. Dans un contexte de crise économique et sociale et de conservatisme politique sous le roi Louis- Philippe, l'interdiction d'un banquet républicain le 22 février 1848 entraîne une insurrection jusqu'à l'abdication du roi le 24 février. La République est proclamée, avec un gouvernement provisoire composé notamment du poète Alphonse de Lamartine, de l'avocat Ledru-Rollin (conseillé par George Sand), et du théoricien socialiste Louis Blanc. Ce gouvernement provisoire proclame le suffrage universel masculin, l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort (partielle, pour raisons politiques) ainsi que le droit au travail. Le décret abolissant l'esclavage au nom des principes de liberté, d'égalité et de fraternité est préparé par Victor Schoelcher, et...

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signé par le gouvernement provisoire le 27 avril 1848. Les délits d'opinion et la censure des journaux, des arts et des spectacles sont supprimés. Clubs et journaux se multiplient. Les revendications en faveur des droits des femmes reviennent sur la scène politique. Le mouvement ouvrier a joué un rôle décisif dans la révolution de février. Des militants socialistes sont présents dans le gouvernement provisoire, comme Louis Blanc et Albert Martin. Louis Blanc obtient, par un décret du 25 février, que le gouvernement s'engage à « garantir l'existence de l'ouvrier par le travail » : des Ateliers nationaux sont créés dès le 26 février pour donner du travail aux 184 000 chômeurs parisiens et à ceux d'autres grandes villes. Ils sont confiés à un républicain modéré (Pierre Marie de Saint-Georges) et sont vite accusés d'être mal organisés, de ne pas fournir assez de travail, et aussi d'être des foyers de contestation sociale et politique. B. République démocratique et sociale contre république conservatrice. Documents 1, 2, 3, 4. Une Assemblée Constituante est élue le 23 avril. Les républicains dits modérés l'ont emporté sur les républicains radicaux et socialistes. Les députés conservateurs et monarchistes sont nombreux. La majorité socialement conservatrice (avec des "républicains du lendemain") ferme les ateliers nationaux. Contre cette fermeture, surgit une insurrection ouvrière (400 barricades dans Paris) des 23-26 juin 1848. Cette insurrection est réprimée dans le sang par le général et ministre de la guerre Eugène Cavaignac. Des centaines d'insurgés sont tués sur les barricades, des milliers sont exécutés à la suite des combats ou jetés en prison. Les principaux dirigeants ouvriers sont arrêtés ou contraints à l'exil. Le général Cavaignac, républicain et « partisan de l'ordre », qui a réprimé les journées de juin, devient alors chef de l'exécutif. L'Assemblée adopte en novembre une nouvelle constitution qui reconnaît la souveraineté populaire, mais pas le droit au travail. Il y a une stricte séparation des pouvoirs entre le président et l'assemblée législative, sur le modèle des Etats-Unis d'Amérique. L'Assemblée législative est une chambre unique. Le Code civil, qui fait des femmes des mineures, n'est pas remis en question. Dès juillet 1848, l'accès aux clubs et aux réunions publiques est interdit aux femmes. Documents 5, 6 et 7. Lors de l'élection présidentielle, le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon, est élu président de la République, avec 74 % des suffrages. Il met en place un gouvernement où les conservateurs (le « parti de l'ordre ») sont majoritaires, comme dans l'Assemblée législative élue les 13 et 14 mai 1849. Les républicains radicaux et socialistes font une percée importante (35 % des voix) alors que les modérés reculent et se rallient peu à peu au parti de l'Ordre. L'encadrement de la paysannerie par la noblesse et l'Église limite la poussée démocrate et socialiste présente surtout dans la classe ouvrière naissante. Le président Louis-Napoléon Bonaparte exploite la peur des « rouges », des « partageux ». Les libertés sont restreintes. Des opposants sont emprisonnés, comme la socialiste Jeanne Deroin en mai 1850. La mainmise de l'Église sur l'enseignement est renforcée. La loi du 31 mai 1850 limite le suffrage universel : les citoyens doivent résider depuis au moins trois ans dans une commune, payer des impôts et ne jamais avoir été condamné par la justice, pour pouvoir voter. Les travailleurs qui migrent pour trouver des emplois (dans les champs ou les manufactures) sont ainsi exclus. Le corps électoral diminue d'un tiers. C. L'ordre et le coup d'état. Document 8. Louis-Napoléon Bonaparte entre en conflit avec la majorité de l'Assemblée, car celle-ci refuse une révision constitutionnelle permettant une réélection du Président. Il voyage en province pour gagner en popularité. Il renforce ses liens avec l'armée. C'est au nom de la défense du suffrage universel qu'il fait un coup d'État le 2 décembre 1851. Paris est occupée par l'armée et les parlementaires jugés les plus dangereux sont arrêtés. L'assemblée est dissoute. Une résistance s'organise à Paris et en province, avec des insurrections armées pour défendre la République (dans le Var où la Drôme par exemple), par la répression bonapartiste est plus forte. À Paris, l'armée enlève les barricades tire sur la foule. En province, les exécutions sommaires sont nombreuses. C'est dans une ambiance répressive qu'un plébiscite approuve le coup d'État, quand plus d'un tiers des départements sont en état de siège et les opposants républicains pourchassés. Les insurgés sont emprisonnés, déportés ou proscrits hors de France. Des opposants républicains célèbres comme Victor Hugo, Edgar Quinet ou Victor Schoelcher partent en exil (Belgique, Angleterre, Suisse ...). II. Le second Empire : un régime autoritaire, puis libéral. A. Le parti de l'ordre au pouvoir. Documents 9, 10 et 11. Une nouvelle constitution renforce les pouvoirs du chef de l'État : le Président choisit les ministres qui ne dépendent que de lui. Il peut s'appuyer sur les sénateurs et les conseillers d'État qu'il nomme, et sur la grande majorité des députés élus grâce à la candidature officielle. Suite à un plébiscite organisé en novembre 1852, la Deuxième République est abolie et remplacée par le Second Empire le 2 décembre 1852. Le Sénat, composé de membres de droit ou nommés par l'empereur, peut annuler les votes du Corps législatif. En 1853, devenu Napoléon III, Louis-Napoléon Bonaparte épouse Eugénie de Montijo qui lui donne un héritier, le prince Impérial, en 1856. La propagande offre une image parfaite du souverain. La presse n'est plus libre et les réunions sont interdites. Après une tentative d'assassinat contre l'Empereur en 1858, les libertés publiques sont encore plus restreintes (loi de « sûreté générale »). Plébiscite vote portant sur une simple question visant à faire approuver une décision ou une politique. Césarisme démocratique : régime politique qui associe un pouvoir autoritaire et personnel d'une part, et des élections régulières au suffrage universel d'autre part. Le nombre de fonctionnaire passe d'environ 470 000 en 1851 à près de 700 000 en 1870. Ils doivent relayer la propagande bonapartiste, participer à la surveillance de la population, et prêter un serment personnel à l'empereur. Mais tous ne sont pas pour autant convertis au bonapartisme. Les préfets («< empereurs aux petits pieds >>) voient leurs pouvoirs renforcés dans les départements. B. Des ambitions économiques et internationales. Document 8. La politique de Napoléon III est au service du développement des entreprises capitalistes, du marché. Il favorise le développement d'infrastructures, notamment les chemins de fer. Il cherche à stimuler l'industrie, y compris avec le libre-échange, en particulier avec le Royaume-Uni (traité de 1860), malgré des volontés protectionnistes parmi les entrepreneurs français. Libre-échange politique économique visant à augmenter les échanges commerciaux internationaux en abaissant les barrières douanières. Napoléon III mène la France dans une politique interventionniste internationale, en Europe et en Amérique. La France intervient dans la guerre de Crimée de 1853 à 1856: la Russie perd face à une coalition constituée de l'Empire ottoman, de la France, du Royaume-Uni et du royaume de Piémont-Sardaigne. La France aide à l'unification italienne sous la direction du royaume de Piémont-Sardaigne en 1860, ce qui ne plaît pas aux catholiques fidèles du Pape, qui perd des territoires. Cherchant à renforcer la présence française en Amérique, Napoléon III intervient à partir de 1862 au Mexique pour mettre en place une monarchie alliée, conservatrice et catholique. Les troupes françaises renversent la République et imposent le prince Maximilien de Habsbourg comme empereur du Mexique en 1864. Les républicains mexicains résistent jusqu'à l'effondrement de la monarchie en 1867. C. Montée des contestations et libéralisation du régime. Dans un contexte de résistances ouvrières, républicaines, de critiques catholiques et patronales parfois, mais aussi avec des problèmes de santé (la maladie de la pierre), Napoléon III est affaibli. Il est amené à libéraliser le régime. En 1860 et 1867, des pouvoirs sont accordés aux Assemblées : l'examen détaillé du budget, et le droit d'interpellation. Le droit de grève est obtenu par les travailleurs en 1864 (suppression du « délit de coalition »), même si les syndicats demeurent interdits. La presse obtient des libertés et les réunions sont autorisées pendant les campagnes électorales en 1868, mais ne doivent pas porter sur des sujets politiques et religieux... Des militants ouvriers en profitent pour participer à la fondation de la 1er internationale (en 1864 à Londres) et à son développement. L'opposition grandit à gauche. Les élections législatives de 1869 voient la victoire de bonapartistes plus libéraux et le renforcement des républicains dans les grandes villes. En juillet, Napoléon III demande à l'ancien républicain Émile Ollivier de composer un gouvernement représentatif de la majorité. Napoléon III accepte une évolution parlementaire du régime : les ministres deviennent responsables devant les députés. En 1870, la candidature officielle est abandonnée et la loi de sûreté générale abrogée. Cet << empire libéral » est accepté par le plébiscite du 8 mai 1870. Conclusion. L'élan révolutionnaire de 1848 a été brisé dans un contexte où la classe ouvrière était en développement mais minoritaire dans le pays. La République s'est à nouveau affirmée comme bourgeoise, conservatrice, répressive contre la classe ouvrière et les républicains les plus radicaux. La préservation de l'ordre social a porté Louis-Napoléon Bonaparte au pouvoir à l'élection présidentielle de décembre 1848, qui fit un coup d'État en décembre 1851 pour rester au pouvoir et se faire proclamer empereur un an plus tard. La répression anti-ouvrière et anti-républicaine continue sous un empire d'abord autoritaire, s'affirmant aussi dans le domaine économique par le développement industriel et sur la scène internationale par une politique interventionniste et guerrière. Un tournant s'opère autour de 1860, où, face à des contestations multiples et montantes, l'Empire laisse plus de libertés politiques. L'Empereur fait des concessions pour durer, mais la guerre contre la Prusse et ses alliés allemands précipite la fin de l'Empire français en 1870. A l'issue de la défaite française de Sedan, l'Empereur capitule le 2 septembre 1870 et devient prisonnier des Prussiens. Apprenant l'événement, les parisiens renversent le régime et la IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870, réaffirmant ainsi la recherche de la démocratie. La défaite de Napoléon III fut la victoire du roi de Prusse Guillaume 1er, qui se fait alors proclamer Kaiser, empereur d'Allemagne, dans la galerie des glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871.

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Classe de Première. Histoire.
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La difficile entrée dans l'âge démocratique :
la Deuxième République et le Second Empire.
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Cours sur La difficile entrée dans l’âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire.

Classe de Première. Histoire. Introduction. La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire. La révolution de février 1848 entraîne la proclamation de la Ile République et moins de quatre ans plus tard, le président Louis-Napoléon Bonaparte fait un coup d'état, le 2 décembre 1851, puis restaure l'Empire en 1852 en prenant le nom de Napoléon III. Entre une république éphémère, la mise en place d'un régime autoritaire, qui tend à se libéraliser, nous verrons comment le chemin de la démocratie fut difficile en France de 1848 à 1870. I. Espoirs et limites de la IIe République A. L'élan révolutionnaire de 1848. Dans un contexte de crise économique et sociale et de conservatisme politique sous le roi Louis- Philippe, l'interdiction d'un banquet républicain le 22 février 1848 entraîne une insurrection jusqu'à l'abdication du roi le 24 février. La République est proclamée, avec un gouvernement provisoire composé notamment du poète Alphonse de Lamartine, de l'avocat Ledru-Rollin (conseillé par George Sand), et du théoricien socialiste Louis Blanc. Ce gouvernement provisoire proclame le suffrage universel masculin, l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort (partielle, pour raisons politiques) ainsi que le droit au travail. Le décret abolissant l'esclavage au nom des principes de liberté, d'égalité et de fraternité est préparé par Victor Schoelcher, et...

Classe de Première. Histoire. Introduction. La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire. La révolution de février 1848 entraîne la proclamation de la Ile République et moins de quatre ans plus tard, le président Louis-Napoléon Bonaparte fait un coup d'état, le 2 décembre 1851, puis restaure l'Empire en 1852 en prenant le nom de Napoléon III. Entre une république éphémère, la mise en place d'un régime autoritaire, qui tend à se libéraliser, nous verrons comment le chemin de la démocratie fut difficile en France de 1848 à 1870. I. Espoirs et limites de la IIe République A. L'élan révolutionnaire de 1848. Dans un contexte de crise économique et sociale et de conservatisme politique sous le roi Louis- Philippe, l'interdiction d'un banquet républicain le 22 février 1848 entraîne une insurrection jusqu'à l'abdication du roi le 24 février. La République est proclamée, avec un gouvernement provisoire composé notamment du poète Alphonse de Lamartine, de l'avocat Ledru-Rollin (conseillé par George Sand), et du théoricien socialiste Louis Blanc. Ce gouvernement provisoire proclame le suffrage universel masculin, l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort (partielle, pour raisons politiques) ainsi que le droit au travail. Le décret abolissant l'esclavage au nom des principes de liberté, d'égalité et de fraternité est préparé par Victor Schoelcher, et...

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Légende alternative :

signé par le gouvernement provisoire le 27 avril 1848. Les délits d'opinion et la censure des journaux, des arts et des spectacles sont supprimés. Clubs et journaux se multiplient. Les revendications en faveur des droits des femmes reviennent sur la scène politique. Le mouvement ouvrier a joué un rôle décisif dans la révolution de février. Des militants socialistes sont présents dans le gouvernement provisoire, comme Louis Blanc et Albert Martin. Louis Blanc obtient, par un décret du 25 février, que le gouvernement s'engage à « garantir l'existence de l'ouvrier par le travail » : des Ateliers nationaux sont créés dès le 26 février pour donner du travail aux 184 000 chômeurs parisiens et à ceux d'autres grandes villes. Ils sont confiés à un républicain modéré (Pierre Marie de Saint-Georges) et sont vite accusés d'être mal organisés, de ne pas fournir assez de travail, et aussi d'être des foyers de contestation sociale et politique. B. République démocratique et sociale contre république conservatrice. Documents 1, 2, 3, 4. Une Assemblée Constituante est élue le 23 avril. Les républicains dits modérés l'ont emporté sur les républicains radicaux et socialistes. Les députés conservateurs et monarchistes sont nombreux. La majorité socialement conservatrice (avec des "républicains du lendemain") ferme les ateliers nationaux. Contre cette fermeture, surgit une insurrection ouvrière (400 barricades dans Paris) des 23-26 juin 1848. Cette insurrection est réprimée dans le sang par le général et ministre de la guerre Eugène Cavaignac. Des centaines d'insurgés sont tués sur les barricades, des milliers sont exécutés à la suite des combats ou jetés en prison. Les principaux dirigeants ouvriers sont arrêtés ou contraints à l'exil. Le général Cavaignac, républicain et « partisan de l'ordre », qui a réprimé les journées de juin, devient alors chef de l'exécutif. L'Assemblée adopte en novembre une nouvelle constitution qui reconnaît la souveraineté populaire, mais pas le droit au travail. Il y a une stricte séparation des pouvoirs entre le président et l'assemblée législative, sur le modèle des Etats-Unis d'Amérique. L'Assemblée législative est une chambre unique. Le Code civil, qui fait des femmes des mineures, n'est pas remis en question. Dès juillet 1848, l'accès aux clubs et aux réunions publiques est interdit aux femmes. Documents 5, 6 et 7. Lors de l'élection présidentielle, le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon, est élu président de la République, avec 74 % des suffrages. Il met en place un gouvernement où les conservateurs (le « parti de l'ordre ») sont majoritaires, comme dans l'Assemblée législative élue les 13 et 14 mai 1849. Les républicains radicaux et socialistes font une percée importante (35 % des voix) alors que les modérés reculent et se rallient peu à peu au parti de l'Ordre. L'encadrement de la paysannerie par la noblesse et l'Église limite la poussée démocrate et socialiste présente surtout dans la classe ouvrière naissante. Le président Louis-Napoléon Bonaparte exploite la peur des « rouges », des « partageux ». Les libertés sont restreintes. Des opposants sont emprisonnés, comme la socialiste Jeanne Deroin en mai 1850. La mainmise de l'Église sur l'enseignement est renforcée. La loi du 31 mai 1850 limite le suffrage universel : les citoyens doivent résider depuis au moins trois ans dans une commune, payer des impôts et ne jamais avoir été condamné par la justice, pour pouvoir voter. Les travailleurs qui migrent pour trouver des emplois (dans les champs ou les manufactures) sont ainsi exclus. Le corps électoral diminue d'un tiers. C. L'ordre et le coup d'état. Document 8. Louis-Napoléon Bonaparte entre en conflit avec la majorité de l'Assemblée, car celle-ci refuse une révision constitutionnelle permettant une réélection du Président. Il voyage en province pour gagner en popularité. Il renforce ses liens avec l'armée. C'est au nom de la défense du suffrage universel qu'il fait un coup d'État le 2 décembre 1851. Paris est occupée par l'armée et les parlementaires jugés les plus dangereux sont arrêtés. L'assemblée est dissoute. Une résistance s'organise à Paris et en province, avec des insurrections armées pour défendre la République (dans le Var où la Drôme par exemple), par la répression bonapartiste est plus forte. À Paris, l'armée enlève les barricades tire sur la foule. En province, les exécutions sommaires sont nombreuses. C'est dans une ambiance répressive qu'un plébiscite approuve le coup d'État, quand plus d'un tiers des départements sont en état de siège et les opposants républicains pourchassés. Les insurgés sont emprisonnés, déportés ou proscrits hors de France. Des opposants républicains célèbres comme Victor Hugo, Edgar Quinet ou Victor Schoelcher partent en exil (Belgique, Angleterre, Suisse ...). II. Le second Empire : un régime autoritaire, puis libéral. A. Le parti de l'ordre au pouvoir. Documents 9, 10 et 11. Une nouvelle constitution renforce les pouvoirs du chef de l'État : le Président choisit les ministres qui ne dépendent que de lui. Il peut s'appuyer sur les sénateurs et les conseillers d'État qu'il nomme, et sur la grande majorité des députés élus grâce à la candidature officielle. Suite à un plébiscite organisé en novembre 1852, la Deuxième République est abolie et remplacée par le Second Empire le 2 décembre 1852. Le Sénat, composé de membres de droit ou nommés par l'empereur, peut annuler les votes du Corps législatif. En 1853, devenu Napoléon III, Louis-Napoléon Bonaparte épouse Eugénie de Montijo qui lui donne un héritier, le prince Impérial, en 1856. La propagande offre une image parfaite du souverain. La presse n'est plus libre et les réunions sont interdites. Après une tentative d'assassinat contre l'Empereur en 1858, les libertés publiques sont encore plus restreintes (loi de « sûreté générale »). Plébiscite vote portant sur une simple question visant à faire approuver une décision ou une politique. Césarisme démocratique : régime politique qui associe un pouvoir autoritaire et personnel d'une part, et des élections régulières au suffrage universel d'autre part. Le nombre de fonctionnaire passe d'environ 470 000 en 1851 à près de 700 000 en 1870. Ils doivent relayer la propagande bonapartiste, participer à la surveillance de la population, et prêter un serment personnel à l'empereur. Mais tous ne sont pas pour autant convertis au bonapartisme. Les préfets («< empereurs aux petits pieds >>) voient leurs pouvoirs renforcés dans les départements. B. Des ambitions économiques et internationales. Document 8. La politique de Napoléon III est au service du développement des entreprises capitalistes, du marché. Il favorise le développement d'infrastructures, notamment les chemins de fer. Il cherche à stimuler l'industrie, y compris avec le libre-échange, en particulier avec le Royaume-Uni (traité de 1860), malgré des volontés protectionnistes parmi les entrepreneurs français. Libre-échange politique économique visant à augmenter les échanges commerciaux internationaux en abaissant les barrières douanières. Napoléon III mène la France dans une politique interventionniste internationale, en Europe et en Amérique. La France intervient dans la guerre de Crimée de 1853 à 1856: la Russie perd face à une coalition constituée de l'Empire ottoman, de la France, du Royaume-Uni et du royaume de Piémont-Sardaigne. La France aide à l'unification italienne sous la direction du royaume de Piémont-Sardaigne en 1860, ce qui ne plaît pas aux catholiques fidèles du Pape, qui perd des territoires. Cherchant à renforcer la présence française en Amérique, Napoléon III intervient à partir de 1862 au Mexique pour mettre en place une monarchie alliée, conservatrice et catholique. Les troupes françaises renversent la République et imposent le prince Maximilien de Habsbourg comme empereur du Mexique en 1864. Les républicains mexicains résistent jusqu'à l'effondrement de la monarchie en 1867. C. Montée des contestations et libéralisation du régime. Dans un contexte de résistances ouvrières, républicaines, de critiques catholiques et patronales parfois, mais aussi avec des problèmes de santé (la maladie de la pierre), Napoléon III est affaibli. Il est amené à libéraliser le régime. En 1860 et 1867, des pouvoirs sont accordés aux Assemblées : l'examen détaillé du budget, et le droit d'interpellation. Le droit de grève est obtenu par les travailleurs en 1864 (suppression du « délit de coalition »), même si les syndicats demeurent interdits. La presse obtient des libertés et les réunions sont autorisées pendant les campagnes électorales en 1868, mais ne doivent pas porter sur des sujets politiques et religieux... Des militants ouvriers en profitent pour participer à la fondation de la 1er internationale (en 1864 à Londres) et à son développement. L'opposition grandit à gauche. Les élections législatives de 1869 voient la victoire de bonapartistes plus libéraux et le renforcement des républicains dans les grandes villes. En juillet, Napoléon III demande à l'ancien républicain Émile Ollivier de composer un gouvernement représentatif de la majorité. Napoléon III accepte une évolution parlementaire du régime : les ministres deviennent responsables devant les députés. En 1870, la candidature officielle est abandonnée et la loi de sûreté générale abrogée. Cet << empire libéral » est accepté par le plébiscite du 8 mai 1870. Conclusion. L'élan révolutionnaire de 1848 a été brisé dans un contexte où la classe ouvrière était en développement mais minoritaire dans le pays. La République s'est à nouveau affirmée comme bourgeoise, conservatrice, répressive contre la classe ouvrière et les républicains les plus radicaux. La préservation de l'ordre social a porté Louis-Napoléon Bonaparte au pouvoir à l'élection présidentielle de décembre 1848, qui fit un coup d'État en décembre 1851 pour rester au pouvoir et se faire proclamer empereur un an plus tard. La répression anti-ouvrière et anti-républicaine continue sous un empire d'abord autoritaire, s'affirmant aussi dans le domaine économique par le développement industriel et sur la scène internationale par une politique interventionniste et guerrière. Un tournant s'opère autour de 1860, où, face à des contestations multiples et montantes, l'Empire laisse plus de libertés politiques. L'Empereur fait des concessions pour durer, mais la guerre contre la Prusse et ses alliés allemands précipite la fin de l'Empire français en 1870. A l'issue de la défaite française de Sedan, l'Empereur capitule le 2 septembre 1870 et devient prisonnier des Prussiens. Apprenant l'événement, les parisiens renversent le régime et la IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870, réaffirmant ainsi la recherche de la démocratie. La défaite de Napoléon III fut la victoire du roi de Prusse Guillaume 1er, qui se fait alors proclamer Kaiser, empereur d'Allemagne, dans la galerie des glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871.