Structure et comique dans Le Malade imaginaire
Schéma de la comédie classique
"Le Malade imaginaire" suit le schéma traditionnel de la comédie classique :
- Deux amoureux empêchés de se marier par une figure d'autorité
- Triomphe final des amoureux grâce à la créativité de personnages secondaires
- Mariage heureux à la fin de la pièce
Types de comique
La pièce utilise divers types de comique pour divertir et critiquer :
Comique de situation
- Quiproquos et malentendus, comme lorsque Angélique pense épouser Cléante alors que son père parle de Thomas Diafoirus
- Renversements de rôles, notamment entre Argan et Toinette
Comique de geste
- Argan poursuivant Toinette avec un bâton (Acte 1, scène 5)
- Toinette ensevelissant Argan sous les oreillers (Acte 1, scène 6)
Comique de caractères
- Argan, hypocondriaque naïf se laissant manipuler
- Les Diafoirus, prétentieux et ignorants
Comique de mots
- Utilisation d'insultes par Argan : "drelin", "chienne", "carogne"
- Répétitions comiques, comme celle du mot "poumon" (Acte 3, scène 10)
Highlight: Cette variété de comiques accentue les scènes farcesques de la pièce, renforçant son aspect divertissant tout en servant la critique sociale.
Satire de la médecine
"Le Malade imaginaire" est la cinquième pièce de Molière traitant des médecins, un thème récurrent dans son œuvre. L'objectif principal est de dénoncer les pratiques charlatanesques des médecins de l'époque :
- Les personnages de M. Purgon et M. Fleurant exploitent les angoisses d'Argan pour s'enrichir
- Critique de l'autoritarisme médical, notamment dans la scène 5 de l'acte 3
Quote: "Ce Monsieur Fleurant-là et ce Monsieur Purgon (...) voient en vous une bonne vache de lait"
Cette citation illustre parfaitement la critique de Molière envers l'exploitation financière des patients par les médecins.
Vocabulary: Hypocondriaque - Personne qui se croit atteinte de maladies imaginaires et s'inquiète excessivement pour sa santé.
La satire atteint son paroxysme dans le troisième intermède, avec l'intronisation burlesque d'Argan en médecin, parodiant les cérémonies universitaires de l'époque.



