Le piège se referme sur l'imposteur
Face à l'insistance de Tartuffe et l'inaction d'Orgon, Elmire se trouve dans une situation délicate. Sa résignation feinte (« il faut que je consente à vous tout accorder ») est en réalité sa dernière tentative pour forcer son mari à réagir. Ses expressions comme « fâcheux », « malgré moi » montrent clairement qu'elle repousse Tartuffe tout en envoyant des signaux d'alerte à Orgon.
Le comique de situation s'intensifie : Elmire attend qu'Orgon intervienne, Orgon attend une preuve irréfutable, et Tartuffe, ignorant tout, s'apprête à commettre un péché. Cette analyse linéaire montre comment les vers 17 à 24 créent une tension dramatique croissante. L'utilisation du mot « obstine » porte doublement sur Tartuffe et Orgon, tous deux figés dans leur attitude.
Quand Elmire comprend que son mari tarde trop à intervenir, elle tente un dernier échappatoire. Les impératifs répétés (« Ouvrez un peu la porte, je vous prie ») signalent son urgence. Elle essaie de donner une dernière chance à Orgon de se montrer, mais se retrouve presque prise à son propre piège lorsque Tartuffe persiste.
⚠️ Attention ! Cette scène illustre parfaitement le concept d'ironie dramatique : le spectateur sait ce que Tartuffe ignore, créant une complicité avec le public qui renforce l'effet comique.
La scène se termine sur un renversement de situation brillant : celui qui dupait (Tartuffe) est finalement dupé, « tartuffé » par Elmire. Cette scène combine habilement comique de situation et registre pathétique, puisqu'Elmire se retrouve victime des deux hommes : l'un par son aveuglement, l'autre par son hypocrisie. Ce moment prépare le dénouement où, après quelques rebondissements supplémentaires, l'ordre moral sera finalement rétabli.