Une satire mordante de la société
Au-delà du pur divertissement, Le Malade imaginaire offre une critique acerbe de certains travers de la société du XVIIe siècle. Molière y dénonce notamment les mariages d'intérêt et les excès de la médecine.
La critique des mariages forcés est un thème récurrent chez Molière. Dans cette pièce, il s'attaque à deux projets d'union contestables : celui d'Angélique avec le benêt Thomas Diafoirus, voulu par son père Argan, et le mariage d'Argan lui-même avec la cupide Béline.
Quote: "Je vous dirai que ... pour le choix d'un gendre, il ne faut pas suivre aveuglément la passion qui vous emporte, et qu'on doit .. s'accommoder aux inclinations d'une fille, puisque c'est pour toute la vie et que de là dépend tout le bonheur d'un mariage."
Cette réplique de Béralde (acte III, scène 3) résume la morale de la pièce sur ce sujet. Les stratagèmes mis en place par les personnages, comme Argan feignant d'être mort pour démasquer Béline, permettent de révéler la vérité sur ces unions mal assorties.
La satire la plus virulente vise cependant les médecins et leurs pratiques douteuses. Molière dénonce leur pédantisme, à travers le discours ampoulé de Thomas Diafoirus qui s'interrompt dès que sa mémoire lui fait défaut. Il fustige leur ignorance, incarnée par Toinette déguisée en médecin qui ne cesse de répéter "poumon" (acte III, scène 10). L'autoritarisme despotique du docteur Purgon est également tourné en ridicule.
Example: Dans le dernier intermède, les comédiens imitent des médecins en utilisant un latin macaronique fantaisiste, parodiant ainsi leur jargon pédant.
Cette critique acerbe de la médecine avait valu à Molière de violentes oppositions. Ses pièces Don Juan et Tartuffe avaient même été censurées.





































