Caractéristiques et formation d'une classe sociale invisible
Les "invisibles" présentent quatre formes d'invisibilité qui les définissent collectivement. Tout d'abord, ils souffrent d'une invisibilité politico-médiatique où leurs difficultés restent ignorées par les pouvoirs publics et les médias. Cette situation crée un sentiment d'incompétence politique, particulièrement chez ceux qui n'ont pas accédé à l'enseignement supérieur.
L'invisibilité sociale représente un déni de reconnaissance par l'État, comme l'a souligné l'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale. S'y ajoute une invisibilité politico-administrative où les bénéficiaires d'aides sociales (représentant seulement 1% de la richesse nationale) risquent d'être stigmatisés. Enfin, l'invisibilité statistique complète ce tableau, car aucun indicateur ne permet réellement de mesurer ce phénomène.
Ces "invisibles" forment une classe hétérogène regroupant des ouvriers, employés, paysans, retraités et indépendants, de divers secteurs et orientations politiques. Ce qui les unit est précisément ce sentiment d'appartenance à l'invisibilité, créant une division sociale entre ceux qui bénéficient de l'activité économique et ceux qui s'en trouvent exclus.
💡 À noter : Contrairement aux idées reçues, les "invisibles" ne sont pas uniquement issus d'un milieu spécifique. La question "Quelles sont les différentes classes sociales en France ?" prend ici une dimension nouvelle avec l'émergence de cette catégorie transversale.



