L'anecdote maritime (strophes 1-3)
Les trois premières strophes racontent une scène de cruauté ordinaire sur un navire. Les marins capturent des albatros "pour s'amuser" - cette expression montre la cruauté inconsciente de ceux qui ne comprennent pas la beauté.
Baudelaire joue sur les contrastes saisissants. D'abord, les "rois de l'azur" planent avec grâce comme des "compagnons de voyage". Puis, une fois sur le pont, ils deviennent "maladroits et honteux", leurs ailes traînant "comme des avirons".
La troisième strophe amplifie la moquerie : "Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !" Les marins s'amusent à agacer l'oiseau, imitant "l'infirme qui volait" - un oxymore qui résume tout le drame.
💡 Technique littéraire : Notice comme Baudelaire accumule les périphrases nobles ("vastes oiseaux des mers", "rois de l'azur", "prince des nuées") pour souligner la dignité naturelle de l'albatros.