L'ascension vers l'infini et l'esprit créateur
Le premier quatrain présente une progression ascendante du monde terrestre vers l'infini. Baudelaire utilise des anaphores "au−dessus","pardelaˋ" pour accentuer cette élévation verticale. L'énumération crée un mouvement qui part des "étangs" et "vallées" pour atteindre "les confins des sphères étoilées".
Dans le deuxième quatrain, le poète s'adresse directement à son esprit qu'il personnifie et compare à "un bon nageur". Cette métaphore aquatique suggère l'aisance et la liberté de l'esprit qui "sillonne gaiement l'immensité profonde". L'allitération en m ("pâme", "volupté") crée une impression d'extase et de plénitude.
Le troisième quatrain contient une invitation pressante à l'envol : "Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides". Le poète encourage son esprit à s'élever et à se purifier dans "l'air supérieur". L'inspiration poétique est associée à un "feu clair" comparé à une "divine liqueur", évoquant une boisson divine.
On trouve dans ce passage une riche correspondance entre les éléments (eau, air, feu) qui participent tous à cette élévation spirituelle. L'antithèse entre les "miasmes morbides" terrestres et les "espaces limpides" célestes renforce le contraste entre le monde matériel et l'idéal poétique.