Analyse de l'extrait (pages 68-69)
Cet extrait te montre la maestria rhétorique de La Boétie ! L'auteur utilise d'abord l'ironie avec l'expression "c'est plaisir de considérer" pour dénoncer le sort misérable des courtisans. Ces complices du tyran pensent obtenir gloire et honneur, mais récoltent la haine du peuple.
La Boétie emploie des procédés d'amplification saisissants : hyperboles ("mille outrages, mille injures"), anaphores ("tous leurs vœux", "toutes leurs prières") et énumérations ternaires. Le peuple maudit ces "mange-peuples" même après leur mort - leur réputation sera "déchirée dans mille livres" !
Le ton change radicalement dans la dernière partie avec l'exhortation : "Apprenons donc enfin, apprenons à bien faire". L'auteur passe du "ils" au "nous", impliquant directement le lecteur. Il oppose Dieu "tout libéral" à la tyrannie, transformant son discours politique en appel spirituel.
💡 Point clé : Cette progression de la dénonciation ironique vers l'appel moral illustre parfaitement l'art oratoire humaniste et sa volonté d'éduquer le peuple.