Vénus anadyomène de Rimbaud
Tu sais ce que c'est qu'un contre-blason ? Rimbaud en crée un magistral avec ce poème ! Là où Botticelli peint une Vénus sublime sortant d'un coquillage, Rimbaud nous présente une prostituée vieillissante qui émerge d'une baignoire crasseuse.
Le premier quatrain plante le décor : "comme d'un cercueil vert en fer blanc" - déjà, on n'est plus dans le rêve ! Cette comparaison morbide annonce la couleur. La femme a les "cheveux bruns fortement pommadés", elle est "lente et bête". Même sa baignoire est "vieille" avec des "déficits assez mal ravaudés".
Le deuxième quatrain devient carrément dégoûtant. Rimbaud fait une énumération péjorative du corps féminin : "col gras et gris", "larges omoplates qui saillent", "graisse sous la peau". L'anaphore "puis... puis" martèle cette description répugnante. Le corps est même décrit de façon masculine !
Le truc à retenir : Ce poème parodie le mythe de Vénus pour critiquer la société bourgeoise et ses hypocrisies.
Le troisième quatrain fait appel aux autres sens que la vue. Le terme "échine" (vocabulaire animal !) et "le tout sent un goût horrible" créent une confusion des sens qui rend le lecteur nauséeux. Les trois points de suspension créent un suspense avant la révélation finale.
La chute est magistrale : le tatouage "Clara Vénus" (belle Vénus en latin) révèle que cette femme est une prostituée. L'oxymore final "belle hideusement d'un ulcère à l'anus" fait rimer "anus" avec "Vénus" - l'apothéose de la parodie !











