Une nature pensée mais qui paraît sauvage
Rousseau déploie ici tout son arsenal stylistique pour créer une hypotypose saisissante ! Les accumulations descriptives ("serpolet, baume, thym, marjolaine") font littéralement sentir les parfums à travers les mots.
La personnification des plantes qui "daignaient se confondre" leur donne une noblesse aristocratique, tandis que la métaphore textile des "draperies" transforme le végétal en décor raffiné. Ces procédés créent un véritable locus amoenus (lieu idyllique).
L'art de Julie consiste à faire paraître naturel ce qui est en réalité parfaitement orchestré. Cette modalisation ("qui semblaient croître naturellement") révèle toute la philosophie rousseauiste : retrouver l'harmonie entre l'homme et la nature.
Ce jardin incarne la vision du monde de Rousseau : un espace où l'artifice se met au service de la nature pour créer un refuge authentique. C'est déjà l'esprit romantique qui pointe, avec cette quête d'un monde perdu et harmonieux.
L'essentiel : Rousseau invente ici un nouveau rapport à la nature qui influencera tout le mouvement romantique !