La révélation progressive de la mort
L'entrée en scène du soldat se fait tout en douceur dans le deuxième quatrain. "Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue" pourrait décrire n'importe qui qui fait la sieste. Le champ lexical du sommeil domine : "dort", "étendu", "lit vert".
Mais des indices subtils commencent à semer le doute. Le soldat est "pâle" et son "lit vert" peut faire penser à une tombe. Tu commences à te poser des questions, non ?
La révélation finale arrive dans les tercets avec une progression diabolique. Les "glaïeuls" sont des fleurs de deuil, l'enfant "malade" n'est pas rassurant, et surtout "il a froid" dans un paysage ensoleillé, ça cloche !
La dernière phrase fracasse tout : "Il a deux trous rouges au côté droit." BAM ! Le soldat est mort, tué par balles. Tout ce "sommeil paisible" était en réalité une mort violente déguisée par la beauté du paysage.
⚡ Impact : Cette chute brutale force une relecture complète du poème. Rimbaud dénonce ainsi l'absurdité de la guerre qui fauche la jeunesse dans l'indifférence de la nature.