Le Nègre de Surinam : un apologue contre l'esclavage
Dans cet extrait bouleversant, Candide rencontre un esclave noir mutilé étendu sur le sol. Ce pauvre homme n'a plus qu'une jambe et une main, et porte pour seul vêtement un simple caleçon de toile bleue. Le dialogue qui s'engage entre eux révèle l'horreur de la condition des esclaves.
L'esclave explique avec une simplicité désarmante les traitements inhumains qu'il subit : "On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe". Cette description clinique des mutilations rend le témoignage encore plus poignant.
La phrase "C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe" résume toute la critique de Voltaire. Elle établit un lien direct entre le confort des Européens et les souffrances des esclaves, rendant le lecteur complice de cette barbarie.
💡 Astuce de lecture : Remarquez l'ironie tragique dans les paroles de la mère qui dit à son fils de "bénir les fétiches" car il a "l'honneur d'être esclave" des blancs. Voltaire utilise cette ironie mordante pour dénoncer l'absurdité du système esclavagiste.






























