Le vagabondage créatif (vers 1-7)
Le terme "bohème" résume tout : une existence libre sans contraintes, marquée par la pauvreté mais aussi par la création artistique. Rimbaud assume totalement ce mode de vie marginal et en fait sa force.
L'errance sans but domine ces premiers vers. Le champ lexical du déplacement ("Je m'en allais", "J'allais", "ma course") crée un mouvement perpétuel. Mais cette marche n'est jamais triste : les exclamations et hyperboles montrent un bonheur intense.
Le poète vagabond mélange réalité et imaginaire avec génie. Il apostrophe sa "Muse", égraine "des rimes" comme le Petit Poucet ses miettes, et transforme sa pauvreté en matière poétique. Ses poches crevées témoignent peut-être d'une colère rentrée.
Sa situation de jeune homme désargenté devient source d'humour plutôt que de honte. Ses vêtements déchirés, son auberge "à la Grande-Ourse" (dormir dehors !) : tout est prétexte à poésie et autodérision.
💡 Astuce littéraire : Rimbaud transforme chaque détail misérable en image poétique - c'est ça, l'alchimie du verbe !