Troisième et quatrième mouvements : communion et création
Le troisième quatrain développe une véritable synesthésie : "je sentais" (toucher), "doux frou-frou" (ouïe), "étoiles" (vue), "rosée" (odorat). Cette explosion sensorielle montre le poète en contact direct avec la nature, qui devient source de vigueur créatrice.
"Comme un vin de vigueur" : l'analogie avec Dionysos, dieu du vin et des poètes, suggère une ivresse créatrice. La nature nourrit littéralement l'inspiration poétique. Les allitérations en "s" et "g" renforcent cette impression d'équilibre entre douceur et énergie.
Le final est magistral : "Comme des lyres, je tirais les élastiques / De mes souliers blessés". Comparer des élastiques usés à la noble lyre antique ? C'est de l'humour pur ! Mais cette image rapproche marche et poésie, mouvement physique et rythme poétique.
🎯 Point clé : Le "pied" final joue sur la polysémie – pied métrique de la poésie ET pied physique du marcheur. Chez Rimbaud, création poétique et errance sont indissociables.