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Dissertation - Les fleurs du Mal

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Drugeon Laetitia 1°4
<< Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or » écrit Charles Baudelaire dans le dernier vers de « éba

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Première partie d’une dissertation ayant pour problèmatique : comment baudelaire transforme-t-il le laid en beau ?

 

1ère

Rédaction

Dissertation Drugeon Laetitia 1°4 << Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or » écrit Charles Baudelaire dans le dernier vers de « ébauche d'un épilogue pour la deuxième édition des Fleurs du Mal » en 1861. Peut être s'agirait-il d'une application concrète des quelques lignes qu'il eut écrit dans son roman « l'art Romantique » en 1852 : « Le poète sait descendre dans la vie; mais croyez que s'il y consent, ce n'est pas sans but, et qu'il saura tirer profit de son voyage. De la laideur et de la sottise, il fera naître un nouveau genre d'enchantement. ». Cela revient à dire que la poésie consiste en une fréquentation consenti du mal, de la laideur, et des pires aspects de la vie dans le but d'y puiser le matériau d'une transfiguration. Ainsi la poésie crée, à partir de cette matière première, de la beauté et de la surprise. Il est donc nécessaire de se demander de quelle manière le poète parvient à puiser dans le mal inhérent à la vie pour donner naissance à la beauté et la surprise. Pour y répondre il faut tout d'abord se questionner sur l'écriture de la laideur et de la sottise, puis dans un second temps sur le pouvoir...

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de transfiguration de l'écriture poétique. Nous commencerons donc par nous intéresser à Baudelaire comme étant le poète de la laideur et de la sottise. Dans un premier temps le titre du recueil, « les fleurs du mal », donne avant même la lecture du livre une première idée de l'entreprise de Baudelaire, qui dans le mal va chercher à faire éclore des << fleurs poétique ». Le monde dans lequel l'auteur va se plonger afin d'atteindre son but est introduit dès le prologue, << au lecteur », qui d'emblée recense tous les sujets du recueil, et liste tous les vices et tares de l'existence humaine, lui donnant ainsi un rôle d'avertissement au lecteur. En effet, ce premier poème s'ouvre sur un catalogue effrayant dès la première strophe construite sur une énumération de nos défauts : << La sottise, l'erreur, le pêché, la lésine » V1, et les nombreuses allusions au diable, à l'enfer ainsi que le choix de métaphores et d'images provocantes nous prennent à contre pied. Enfin, la progression des sections du recueil nous aiguille sur sa croisade contre le mal à la recherche du beau. La première section, << spleen et idéal », dessine progressivement la descente vers le spleen et la victoire de ce dernier. En effet, les premiers poèmes de la section, plus tournés vers l'idéal ( « Bénédiction », « élévation »...), cède la place à des poèmes plus sombres, tournés vers le spleen ( « Spleen 1 », « Spleen II »>... ). Quant aux sections qui suivent, elles ne sont que de vaines tentatives de s'extirper de sa mélancolie, et le vin, débauche et la mort en sont les ultimes réponses. C'est ainsi que le titre, le prologue, et la construction du recueil mènent à penser à un manifeste poétique. D'autre part, la poésie baudelairienne laisse une grande place à la laideur physique, matérielle, notamment celle des corps, illustré par un des poèmes les plus connus de Baudelaire, « une charogne » de la section << spleen et idéal ». Il y décrit minutieusement et sans prendre de détour le cadavre d'un animal en décomposition, en prêtant l'oeil aux détails les plus obscènes : « D'où sortaient de noirs bataillons De larves, qui coulaient comme un épais liquide » V18-19. Peuvent aussi servir d'exemple les poèmes << les aveugles » dans lequel l'auteur décrit les aveugles aux moyens d'adjectifs péjoratifs tel que << affreux » V1, << ridicules >>V2, « atrocité » V12; ou encore « les sept vieillards » où Baudelaire déshumanise les personnes âges avec les termes « échine » V21 ou encore « pattes » V25, et les dépeint comme des monstres « un quadrupède infirme ou un juif à trois pattes » V25. Mais la laideur se décline aussi sous la forme de paysages urbains. En effet le poète nous décrit la saleté parisienne, ville défigurée par les travaux, comme en témoigne le poème « Le Cygne » ainsi que d'autres poèmes de la section « Tableaux parisiens ». C'est ainsi que le poète expose la laideur et la boue physique. Enfin, la faiblesse mentale de l'Homme est souvent dépeinte tout au long du recueil. Le plus souvent il s'agit de se décourager face à son principal ennemi, l'ennui. Nous retrouvons ce sujet dès l'épilogue, où le poète prend à parti le lecteur et établit ainsi la défaite comme étant l'issue du combat de tout Homme face à cet ennemi commun à l'humanité. Nous pouvons également nous référer à << L'irréparable » de la section « spleen et idéal ». Baudelaire décrit ainsi l'image d'une humanité médiocre. En effet de nombreux poèmes traitent de la faiblesse humaine, et pas seulement face à l'ennui. « Le vin de chiffonniers » dans la section « Le vin » décrit des hommes qui ploient sous le fardeau des soucis quotidiens Drugeon Laetitia 1°4 comme les << chagrins de ménage » V14 et ne trouvent d'autre issue que celle fournie par l'ivresse. Ce poème rend compte de la faiblesse humaine par la multiplication d'expressions tel que « humanité frivole ». Mais dans ce groupe d'individus qu'est l'humanité, le poète prend souvent à parti les femmes dont la description est peu souvent flatteuse. Il y associe une vision monstrueuse qu'il est loin d'euphémiser. En effet, dans le poème « Le serpent qui danse » extrait de la section « Spleen et idéal » par exemple, le poète compare la femme à un serpent, animal qui connote le mal et la perfidie. D'une vision d'ensemble le recueil fait des femmes des personnes traitres et manipulatrices ayant un certain goût pour le sado-masochisme comme le montre le poème « L'Héautontimorouménos » de la section « spleen et idéal ». C'est ainsi que Baudelaire se fait le poète des monstruosités morales.

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