Le texte intégral : la servitude volontaire expliquée
Dans cet extrait du Discours de la servitude volontaire, La Boétie s'adresse directement aux peuples avec une violence rhétorique saisissante. Il leur reproche de se laisser "piller", "voler" et "dépouiller" sans réagir.
L'argument central est génial : le tyran n'est qu'un homme comme les autres, mais c'est le peuple lui-même qui lui donne son pouvoir. "D'où a-t-il pris tant d'yeux, dont il vous épie, si vous ne les lui baillez ?" Cette série de questions rhétoriques martèle l'idée que nous sommes responsables de notre asservissement.
La métaphore du colosse est particulièrement forte : il suffit de ne plus soutenir le tyran pour qu'il s'effondre de lui-même. Pas besoin de révolution violente, juste d'arrêter de collaborer.
Mais La Boétie conclut sur une note pessimiste avec la métaphore médicale : le peuple est devenu si malade qu'il a perdu jusqu'à "l'amour même de la liberté". Cette habitude de servir semble désormais plus naturelle que la liberté elle-même.