Analyse de la première strophe - L'oiseau majestueux
La première strophe plante le décor avec une cruauté déguisée en jeu. Les marins capturent "pour s'amuser" ces "vastes oiseaux des mers" - déjà, on sent que ça va mal finir !
Baudelaire utilise des enjambements et une phrase longue pour donner de l'amplitude, comme pour imiter le vol gracieux de l'albatros. Les "indolents compagnons de voyage" suivent paisiblement le navire, sans se douter du piège.
L'expression "gouffres amers" est géniale : elle montre la profondeur dangereuse de la mer que seul l'oiseau maîtrise vraiment. Les assonances en "en" et les allitérations en "u" créent une musicalité qui évoque la grâce du vol.
💡 Point clé : Cette strophe dresse un portrait mélioratif de l'albatros libre et majestueux, mais l'adverbe "souvent" annonce déjà la répétition cruelle de cette capture.