Analyse détaillée du texte
La tirade de Phèdre est marquée par un rythme ternaire avec des enjambements qui traduisent l'intensité croissante de ses émotions. Dès le premier vers ("Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée"), les termes "languis" et "brûle" révèlent sa souffrance amoureuse.
Le texte présente deux portraits opposés de Thésée : d'abord péjoratif (le "volage adorateur de mille objets divers"), puis mélioratif dans le passé. Ce second portrait se transforme subtilement en celui d'Hippolyte avec des phrases comme "Il avait votre port, vos yeux, votre langage". Cette confusion volontaire trahit les véritables sentiments de Phèdre.
Dans la dernière partie, Phèdre réécrit le mythe du Minotaure à travers des questions rhétoriques et des conditionnels : "C'est moi, prince, c'est moi dont l'utile secours vous eût du labyrinthe enseigné les détours". La répétition du pronom "moi" et l'utilisation d'apostrophes montrent son emballement passionné.
🔍 Technique littéraire : Racine utilise brillamment la métaphore du labyrinthe à double sens - à la fois référence mythologique et symbole des sentiments inextricables dans lesquels Phèdre se perd, annonçant sa fin tragique par les mots "retrouvée ou perdue".