Analyse du poème : contrastes et dénonciation
Le génie de ce poème repose sur une série de contrastes saisissants entre les enfants affamés et le boulanger bien nourri. D'un côté, les "effarés" ne peuvent que "regarder", "voir" et "écouter" - des verbes passifs qui montrent leur impuissance. De l'autre, le boulanger "tourne", "enfourne" et "chante" - des actions qui révèlent son bien-être.
L'opposition chaud/froid traverse tout le texte : le pain "chaud comme un sein" contraste avec les enfants gelés par le "vent d'hiver". Rimbaud utilise des couleurs symboliques - le noir de la saleté contre le jaune doré du pain - pour amplifier ce contraste visuel.
La fin du poème brise l'illusion d'espoir avec un retour brutal à la réalité. Malgré leur "élan de vie" momentané, les enfants restent "collés au grillage", exclus à jamais de cette chaleur nourricière. Leur prière finale souligne l'abandon total dont ils sont victimes.
🎯 Pour le bac : Retiens ces contrastes singulier/pluriel,chaud/froid,noir/jaune - ils constituent la clé de voûte de l'argumentation de Rimbaud contre les inégalités !