Les caractéristiques des régimes totalitaires
Les régimes totalitaires, malgré leurs différences idéologiques, partagent deux points communs essentiels : la négation des libertés individuelles (le groupe prime sur l'individu) et la volonté de créer un "homme nouveau". Cette vision se concrétise à travers un système politique dominé par un chef charismatique et un parti unique : Staline ("le petit père des peuples") avec le parti communiste, Hitler (le "Führer") avec le NSDAP et Mussolini (le "Duce") avec le parti national fasciste.
La Terreur constitue un pilier fondamental de ces régimes. En URSS, la "Grande Terreur" (1937-1938) fait 1,5 million de victimes lors des purges au sein du parti communiste et de l'élimination des "contre-révolutionnaires". Les polices politiques (OVRA en Italie, Gestapo en Allemagne, NKVD en URSS) traquent les opposants qui finissent dans des camps de concentration comme Dachau ou au Goulag soviétique. L'Ukraine subit une "Grande famine" (1932-1933) qui tue 5 millions de personnes.
💡 Les régimes totalitaires se distinguent des simples dictatures par leur ambition de contrôle total sur la vie privée des citoyens, notamment à travers la propagande et l'embrigadement.
L'économie est entièrement dirigée par l'État. L'URSS impose la collectivisation forcée des terres (kolkhozes) et lance des plans quinquennaux pour industrialiser le pays. L'Allemagne nazie et l'Italie fasciste organisent de grands travaux pour résorber le chômage, avec les "bataillons de travail" allemands ou la "bataille du blé" italienne.
La propagande imprègne tous les aspects de la vie quotidienne à travers la radio, la presse, le cinéma et les arts. L'embrigadement des populations passe par des organisations de jeunesse (Balillas en Italie, Jeunesses hitlériennes, Komsomols en URSS), des syndicats uniques et le contrôle des loisirs. Cette politique intérieure agressive s'accompagne d'un expansionnisme à l'échelle européenne, comme l'illustre leur intervention dans la guerre civile espagnole (1936-1938), où l'Allemagne et l'Italie soutiennent Franco tandis que l'URSS aide les républicains.