Les limites du désir et les solutions philosophiques
Mais est-ce vraiment possible de tout avoir ? Socrate répond par la négative avec sa fameuse image du tonneau des Danaïdes. Chercher à satisfaire tous ses désirs, c'est comme vouloir remplir un tonneau troué : on n'y arrive jamais !
Les obstacles sont nombreux : désirs impossibles, interdits, qui ne dépendent pas de nous, ou carrément contradictoires. Face à ce constat, certains philosophes proposent une solution radicale : ne rien désirer du tout.
Les bouddhistes et stoïciens considèrent que le désir crée de l'attachement, donc de la souffrance. Épictète nous conseille de distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas, puis de nous détacher du reste. Schopenhauer va encore plus loin : pour lui, la vie oscille "comme un pendule entre souffrance et ennui".
À retenir : L'approche stoïcienne privilégie le changement de nos désirs plutôt que celui du monde extérieur.
Heureusement, Épicure propose un juste milieu avec son hédonisme modéré. Il classe les désirs en trois catégories : les naturels et nécessaires (à satisfaire), les naturels mais non nécessaires (à éviter), et ceux ni naturels ni nécessaires (à fuir absolument).
Enfin, Aristote révolutionne la question : le bonheur n'est pas un état mais une activité ! La vie bonne combine plaisirs et accomplissement personnel, donnant un véritable sens à notre existence.