Le réalisme d'une veillée funèbre
Cette première partie te montre comment Flaubert transforme la mort en véritable compte rendu médical. L'auteur utilise un champ lexical anatomique précis : "poitrine", "langue", "bouche", "yeux", "bras" pour décrire cliniquement l'agonie d'Emma.
Les symptômes de l'empoisonnement s'enchaînent de façon brutale : la poitrine qui halète, la langue qui sort, les yeux qui roulent. Flaubert énumère chaque détail avec une précision chirurgicale qui rend la scène encore plus saisissante.
L'allitération en f, s et r dans "sans l'effrayante accélération de ses côtes secouées par un souffle furieux" reproduit littéralement les râles d'Emma. Tu peux presque entendre sa respiration difficile !
Autour du lit de mort, les personnages figent dans des attitudes rituelles marquées par l'imparfait duratif. Charles serre les mains d'Emma, Bournisien prie, et les "syllabes latines" résonnent "comme un glas de cloche" - l'annonce d'une mort imminente.
À retenir : Flaubert mêle réalisme médical et spiritualité pour créer une atmosphère de veillée funèbre authentique.