La chute du roi des airs
Les deuxième et troisième quatrains nous montrent la transformation tragique de l'oiseau. Une fois "déposé sur les planches", ces "rois de l'azur" (belle périphrase méliorative !) deviennent pathétiques.
L'antithèse est frappante : "maladroits", "piteusement" s'opposent à la grandeur précédente. Leurs ailes, qui étaient leur force dans le ciel, deviennent un handicap sur le pont du navire. C'est exactement comme quelqu'un qui porterait des rames à côté de lui !
Baudelaire multiplie les termes péjoratifs : "gauche et veule", "comique et laid". Les assonances en eu et au renforcent l'effet de ridicule. Le "voyageur ailé" (autre personnification méliorative) est devenu un objet de moquerie.
La révélation finale arrive au quatrième quatrain : "Le Poète est semblable" (avec majuscule !). L'albatros représente le poète, prince des nuées mais "exilé sur le sol" parmi les hommes. Ses "ailes de géant" l'empêchent de marcher normalement dans la société.
💡 Retiens : Cette métaphore de l'incompréhension du génie artistique est devenue un classique de la littérature !