De la muse à la saltimbanque
Dans les tercets, la vérité éclate : cette muse dégradée doit "gagner son pain" en se vendant. La comparaison avec "un enfant de chœur" qui joue de l'encensoir suggère discrètement la prostitution.
Le champ lexical religieux ("Te Deum", "encensoir") devient ironique : la muse feint la dévotion comme une stratégie de séduction. Elle ne croit pas aux louanges qu'elle chante !
Le mot "saltimbanque" résume sa déchéance : elle devient artiste de rue, obligée de faire rire une foule cruelle. Le contraste est saisissant entre ses vrais pleurs et les rires du public qui ne comprend pas sa détresse.
Baudelaire révolutionne ainsi l'image de la muse : ni déesse ni inspiratrice pure, mais femme réelle confrontée à la nécessité économique. Cette vision moderne de l'art et de l'inspiration fait de lui un précurseur de la poésie contemporaine.
💡 Modernité : Ce poème annonce l'art moderne où beauté et laideur se mélangent, où l'artiste devient un marginal incompris.