Analyse du premier mouvement : La dénonciation d'un traumatisme familial
Cette section examine en détail la première partie du monologue de Suzanne dans Juste la fin du monde, où elle exprime le traumatisme causé par le départ de Louis.
L'utilisation des temps verbaux joue un rôle crucial dans la construction du discours de Suzanne :
- Le passé composé évoque des actions passées révolues ("es parti", "ai fait", "suis retrouvée")
- Le présent d'énonciation souligne les conséquences actuelles ("souviens")
- L'imparfait et le passé simple créent un contraste entre l'arrière-plan et les actions ponctuelles
Example: "Je ne me souviens pas de toi lorsque tu es parti, j'étais trop petite, trop jeune."
Le polyptote autour du verbe "partir" souligne l'importance de cet événement pour Suzanne et sa famille. Les compléments circonstanciels de temps ("lorsque", "pour tant de temps", "assez vite", "longtemps") insistent sur la rapidité de l'oubli de Suzanne.
Highlight: L'utilisation répétée de la première personne du singulier ("je") et les adjectifs "petite" et "jeune" mettent en avant la jeunesse de Suzanne au moment du départ de Louis.
Les formes négatives totales ("je ne me souviens pas", "je ne savais pas", "je n'ai pas fait attention") expriment l'absence de souvenirs précis et le sentiment de perte ressenti par Suzanne.
Quote: "Ce n'est pas bien de ne pas se souvenir de son frère."
L'anaphore "ce n'est pas bien" répétée cinq fois, introduite par des tournures emphatiques, renforce le jugement moral porté par Suzanne sur son oubli.
Les commentaires insérés dans le discours ("ce qu'on dit", "elle ne te le dira pas") permettent à Suzanne d'interpeller Louis en lui apportant des informations supplémentaires, souvent à valeur négative.
Cette première partie du monologue révèle ainsi toute la complexité des sentiments de Suzanne, mêlant culpabilité, reproche et tentative de justification.







