Structure et situation d'énonciation du sonnet
Tu reconnais facilement un sonnet : c'est cette forme poétique venue d'Italie qui cartonne au XVIe siècle avec la Pléiade. Deux quatrains, deux tercets, généralement en alexandrins - une structure super rigide mais efficace.
Ici, Ronsard joue la carte du "je" face au "vous" d'Hélène. Il s'adresse directement à sa muse, ce qui crée une intimité troublante. Le poème se découpe en trois mouvements nets : d'abord les conséquences d'un refus amoureux, puis l'évocation de la mort, et enfin l'invitation au Carpe Diem.
Le portrait cruel d'Hélène vieillie
Ronsard ne fait pas dans la dentelle quand il décrit l'avenir d'Hélène ! Les participes présents ("dévidant", "filant", "sommeillant") créent une mélodie monotone qui colle parfaitement aux tâches ménagères ingrates qu'elle devra faire.
Le lexique devient carrément péjoratif : "bien vieille", "une vieille accroupie" - le poète insiste lourdement sur sa future dégradation. L'antithèse "mon amour / votre fier dédain" oppose brutalement ses sentiments au mépris d'Hélène.
💡 Astuce : Repère tous les verbes au futur - ils projettent Hélène dans un avenir peu glorieux, tandis que sa beauté n'existe qu'à l'imparfait (donc dans le passé révolu).