L'œuvre et le contexte
Publié en 1857, Les Fleurs du Mal révolutionne la poésie en "extrayant la beauté du mal". Baudelaire appartient au romantisme noir, un mouvement qui cultive les figures de femmes fatales et les thèmes sombres.
"À une passante" fait partie de la section "Tableaux parisiens" et raconte un coup de foudre urbain. Malgré son thème moderne, Baudelaire utilise la forme classique du sonnet avec des alexandrins et des rimes embrassées.
Le poème se divise en trois mouvements : la mise en scène parisienne et l'apparition de la femme v.1−5, les émotions du poète v.6−11, puis le désespoir de la séparation v.12−14.
💡 Astuce exam : Retiens la structure en trois temps : apparition → fascination → désespoir !
Premier mouvement : Paris hostile et beauté fugace
Le sonnet s'ouvre sur un Paris assourdissant qui "hurlait". Cette personnification de la rue crée une atmosphère hostile où le poète se sent "cerné". L'allitération en R renforce cette sensation de bruit agressif.
Puis tout bascule : "passa" au passé simple marque l'apparition soudaine de la femme. Sa description révèle l'idéal féminin de Baudelaire : "longue, mince", avec une démarche élégante qui "soulève et balance" sa robe.
Le vocabulaire de l'élégance ("majestueuse", "fastueuse", "noble") contraste avec les références au romantisme noir : "deuil", "statue". Cette femme incarne la beauté mais aussi le mystère de la femme fatale.