Libertinage et quête du bonheur
Le libertinage imprègne tout le roman - c'est un mode de vie sans contraintes morales où seul compte le plaisir immédiat. Manon incarne parfaitement cette philosophie : elle élabore des stratégies de tromperie et n'est pas touchée par la religion, contrairement à Des Grieux qui reste tiraillé.
Prévost critique ainsi la société corrompue de son époque tout en montrant les conséquences désastreuses d'une vie sans principes moraux. Le couple s'enfonce dans un cercle vicieux de trahisons et de désirs insatiables.
La quête du bonheur devient centrale dans ce roman précurseur des Lumières. Le bonheur semble impossible à Paris, lieu de corruption et de libertinage. C'est en Amérique, dans un monde plus simple, que les personnages retrouvent un semblant de paix et redécouvrent les valeurs chrétiennes.
L'amitié de Tiberge offre un contrepoint essentiel : malgré les déceptions répétées, il reste fidèle à Des Grieux et lui sert de boussole morale. C'est d'ailleurs lui qui viendra le chercher en Louisiane pour le ramener en France.
À retenir : Le roman mélange habilement genres et tonalités - roman d'aventures, récit lyrique et leçon morale se côtoient avec brio.