L'imagination créatrice en action
La formule finale du premier paragraphe est provocatrice : "ce trou noir ou lumineux". Baudelaire transforme une image négative en source de vie avec la répétition obsédante "vit la vie, rêve la vie, souffre la vie".
Le poète nous montre ensuite son pouvoir créateur à l'œuvre. À partir de quelques détails - une femme âgée, pauvre, penchée - il "refait" toute une histoire, toute une légende. Le verbe "refaire" est essentiel : il ne découvre pas, il crée.
Cette création imaginaire devient si puissante qu'elle provoque l'émotion ("je me la raconte en pleurant") et permet l'identification "j′aiveˊcuetsouffertdansd′autresquemoi−me^me". Baudelaire revendique fièrement cette capacité à transcender sa propre existence.
💡 Point clé : La question rhétorique finale montre que la "vérité" de l'imagination importe plus que la réalité factuelle - c'est le manifeste du poète moderne !