Les mémoires blessées et la reconnaissance progressive
En France, c'est d'abord le silence total. La guerre n'est officiellement reconnue qu'en 1999 ! Les appelés du contingent se taisent, les pieds-noirs vivent l'exil comme un arrachement, et les harkis subissent une double marginalisation.
Le gouvernement français a voulu "tourner la page", mais les mémoires blessées finissent par s'exprimer. Le cinéma, la télévision et des personnalités comme Patrick Bruel lui−me^mepied−noir contribuent à briser le silence.
La reconnaissance progressive s'accélère : 1999 pour le terme "guerre d'Algérie", 2002 pour le mémorial national, 2021 quand Macron reconnaît le massacre du 17 octobre 1961 à Paris.
Les historiens s'y mettent tôt : Charles-André Julien dès 1931, puis Pierre Vidal-Naquet en 1958 avec L'Affaire Audin, révélant la torture et les disparitions. À partir de 1992, 30 ans après, l'accès aux documents permet de multiplier les travaux.
💡 Bon à savoir : Le "seuil mémoriel" est franchi progressivement quand la mémoire s'ancre dans l'histoire de la société.