L'émergence et l'évolution des mémoires du génocide
Entre 1945 et les années 60, la mémoire du génocide est largement occultée. Les procès de Nuremberg jugent bien les hauts responsables nazis pour crimes contre l'humanité, mais sans parler spécifiquement du génocide des Juifs et des Tsiganes. Des figures comme Hermann Göring sont condamnées à mort, mais l'accent est mis ailleurs.
En France, le mythe résistancialiste domine : Vichy aurait "juste voulu protéger les Français" selon Pétain. Cette glorification des résistants efface quasiment la mémoire des victimes juives et tsiganes. Simone Veil témoigne de ce silence : elle ne se sentait pas écoutée quand elle parlait de son expérience.
Le réveil des mémoires commence dans les années 60. Le procès d'Adolf Eichmann en Israël (1961) marque un tournant avec un retentissement mondial. Quinze ans après la guerre, archives et témoins ressurgissent pour condamner Eichmann à mort pour crimes contre l'humanité.
💡 À retenir : Les recherches de Robert Paxton dans les années 70 démontent la théorie du "glaive et du bouclier" de De Gaulle et révèlent l'implication réelle de Vichy dans le génocide.



