Idéologie et pratiques totalitaires
Les régimes totalitaires partagent une vision du monde où l'État domine tout. Ils se définissent par des ennemis communs (rejet de la philosophie des Lumières pour l'Italie et l'Allemagne, rejet du capitalisme pour l'URSS) et se réclament tous du socialisme sous différentes formes: communisme en URSS, fascisme en Italie, national-socialisme en Allemagne.
Ces régimes cultivent l'image d'un dictateur proche du peuple, offrant des avantages concrets: premiers appartements décents en URSS, sécurité sociale et journée de 8h en Italie, logements sociaux en Allemagne. Cette apparente bienveillance masque une exigence de soumission totale. La société est organisée selon une vision patriarchale, bien que la femme travaille davantage en URSS qu'en Italie, l'Allemagne adoptant une position intermédiaire.
Le culte de la personnalité est omniprésent. Chaque dictateur devient un modèle à vénérer, désigné par un surnom évocateur ("Führer", "Duce" ou "Vojd"). Pour détourner le mécontentement populaire, ces régimes désignent des boucs émissaires: religieux en URSS, gauchistes en Italie, Juifs en Allemagne. Ces groupes subissent une "rééducation" par le travail forcé dans des camps.
💡 Les régimes totalitaires ont compris l'importance de la propagande moderne. Ils utilisaient les médias, le sport et la culture pour créer un sentiment d'appartenance collective qui renforçait leur emprise sur la population.
L'encadrement de la société est total, de la naissance à la mort. Les citoyens sont contrôlés au travail, pendant leurs loisirs et même lors des obsèques. La jeunesse est particulièrement ciblée par des organisations dédiées (Komsomol, G.I.L, Hitlerjugend). Les compétitions sportives servent à démontrer la supériorité du régime. Parallèlement, la terreur règne par la surveillance constante, la police politique (NKVD, OVRA, Gestapo) et les camps d'internement. Les "purges" des années 30 éliminent même les partisans jugés insuffisamment loyaux.